L’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé dénonce une mesure qu’il juge arbitraire après s’être vu empêcher de quitter le territoire, dans un contexte où la question de sa nationalité reste au cœur d’un contentieux judiciaire et politique sensible.
En République centrafricaine, la situation de l’opposant Anicet-Georges Dologuélé relance les tensions autour du droit de circulation des figures politiques et de leur statut juridique.
L’ancien chef du gouvernement affirme avoir été empêché de voyager alors qu’il devait se rendre à Addis-Abeba pour une réunion liée à un programme de paix de l’Union africaine.
Une décision administrative au cœur d’un contentieux plus large
À l’origine de cette situation, une décision de justice rendue en octobre a estimé que l’opposant aurait perdu sa nationalité centrafricaine en raison de la possession simultanée d’une nationalité étrangère.
Dologuélé conteste fermement cette interprétation, affirmant avoir engagé des démarches pour renoncer à sa nationalité française afin de se conformer aux exigences électorales nationales.
Pour lui, l’interdiction de sortie du territoire s’inscrit dans une logique de restriction politique déguisée en procédure administrative.
Un climat politique marqué par la méfiance
Cette affaire intervient dans un environnement politique déjà fortement polarisé autour du président Faustin-Archange Touadéra, dont l’opposition conteste régulièrement la gestion des processus électoraux.
Le dernier scrutin présidentiel a ravivé ces tensions, plusieurs formations politiques ayant dénoncé des irrégularités et remis en cause la crédibilité du processus électoral.
Une opposition fragilisée dans l’espace politique
Figure récurrente des échéances présidentielles, Dologuélé occupe une place centrale dans l’opposition centrafricaine. Ses précédents résultats électoraux, marqués par des deuxièmes places successives, ont contribué à installer une rivalité durable avec le pouvoir en place.
Dans ce contexte, les restrictions de déplacement et les contentieux juridiques liés à la nationalité prennent une dimension politique plus large, au-delà du seul cadre administratif.
Une affaire aux implications institutionnelles
Au-delà du cas individuel, cette situation soulève des interrogations sur les garanties accordées aux acteurs politiques et sur l’interprétation des règles relatives à la nationalité dans le débat public centrafricain.
Elle met également en lumière la sensibilité des équilibres institutionnels dans un pays où les questions électorales et juridiques restent étroitement imbriquées.
La Rédaction

