À quelques jours de son ouverture, un sommet international consacré aux droits humains et aux technologies numériques, prévu en Zambie, a été brusquement reporté par les autorités. Une décision qui, dans les faits, équivaut à une annulation et suscite de vives inquiétudes sur l’état des libertés publiques dans le pays.
Un rendez-vous mondial stoppé net
Initialement programmé début mai à Lusaka, le sommet RightsCon devait réunir des centaines d’acteurs internationaux — organisations de la société civile, chercheurs, responsables politiques et entreprises technologiques — autour des enjeux liés aux libertés numériques.
Considéré comme l’un des principaux forums mondiaux sur ces questions, l’événement devait notamment aborder la surveillance numérique, la gouvernance d’Internet et la protection des droits fondamentaux en ligne.
Une décision officielle contestée
Le gouvernement de Zambie justifie ce report par des raisons administratives et la nécessité de clarifier certains thèmes ainsi que la participation de plusieurs intervenants.
Mais ces explications peinent à convaincre. L’organisation Human Rights Watch évoque une décision préoccupante, estimant qu’elle pourrait traduire une volonté de contrôler les discussions prévues lors du sommet.
Des inquiétudes sur l’espace civique
Plusieurs organisations de la société civile dénoncent un signal négatif envoyé à l’approche d’échéances politiques importantes dans le pays.
Ces critiques s’inscrivent dans un contexte marqué par des tensions autour des libertés publiques, notamment depuis l’adoption récente de lois sur la cybersécurité et les cybercrimes, accusées de restreindre l’expression en ligne.
Des soupçons de pressions géopolitiques
En coulisses, certaines sources évoquent également des considérations diplomatiques, liées notamment à la participation de représentants associés à Taïwan. Une présence potentiellement sensible pour Chine, partenaire économique majeur de la Zambie.
Si aucune implication directe n’a été officiellement confirmée, ces éléments alimentent les interrogations sur les motivations réelles de ce report.
Un revers pour les droits numériques
Pour les défenseurs des libertés numériques, l’annulation de facto de RightsCon représente une perte importante. Le sommet devait offrir un espace de dialogue sur des enjeux clés, à un moment où les questions de surveillance, de régulation des plateformes et de gouvernance technologique occupent une place croissante dans le débat mondial.
Un signal au-delà de la Zambie
Au-delà du cas zambien, cet épisode met en lumière les difficultés croissantes à organiser des événements internationaux sur les droits humains dans certains contextes politiques sensibles.
Il pose également la question du choix des pays hôtes pour ce type de rendez-vous, à l’heure où les enjeux numériques deviennent centraux dans les équilibres géopolitiques.
La Rédaction

