L’ONG Amnesty International accuse les autorités égyptiennes d’avoir lancé une série d’arrestations ciblant des réfugiés et demandeurs d’asile, en dépit de documents officiels attestant de leur statut. Selon l’organisation de défense des droits humains, des policiers en civil auraient interpellé des ressortissants soudanais, syriens et sud-soudanais, y compris des personnes munies de cartes d’enregistrement délivrées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
D’après Amnesty, un demandeur d’asile syrien a déjà été expulsé, tandis que 21 autres personnes seraient exposées à une expulsion imminente. L’organisation souligne que 19 d’entre elles auraient pourtant bénéficié d’ordonnances du parquet demandant leur libération, ce qui soulève des interrogations sur le respect des procédures judiciaires et des engagements internationaux du pays.
La situation s’est encore alourdie avec le décès en détention de deux hommes soudanais au cours des dernières semaines. Ces morts ont ravivé les critiques d’organisations de défense des droits humains, qui réclament l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes, ainsi que la fin des détentions arbitraires visant des personnes en quête de protection.
Pour Amnesty International, ces pratiques contreviennent aux obligations internationales relatives au droit d’asile et au principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque des persécutions ou des atteintes graves à ses droits fondamentaux.
Dans un contexte régional marqué par des déplacements massifs de populations, notamment en provenance du Soudan en crise, ces accusations placent l’Égypte sous une pression accrue quant à la gestion de son dispositif migratoire et au respect des droits des réfugiés.
La Rédaction

