Au Somaliland, la sécheresse n’épargne plus les vergers. Muhummad Mohamad Ismail, agriculteur local, a perdu plus de la moitié de ses 150 arbres fruitiers, victimes des sécheresses répétées. Pour maintenir son exploitation, il a vendu une partie de son bétail afin d’acheter un réservoir en béton de 2 500 dollars, approvisionné par des camions-citernes plusieurs fois par an. Ces investissements commencent déjà à porter leurs fruits, offrant une réserve stratégique pour les périodes sèches.
« Nous creusons des puits et stockons l’eau dès maintenant pour préparer la saison des pluies », explique Muhamad. « Quand la pluie arrive, les cultures profitent naturellement, mais il faut anticiper pour sécuriser notre production. »
Face à ces défis climatiques, le Somaliland mise désormais sur l’expertise d’Israël, pays reconnu mondialement pour la gestion innovante de l’eau dans des zones arides. Des formations ont déjà été dispensées aux professionnels locaux, et des experts israéliens devraient bientôt se rendre sur place pour installer de nouvelles technologies et accompagner la modernisation du secteur agricole.
Pour Abdirazak Sheikh Muhamad, agronome au ministère de l’Agriculture, cette coopération est stratégique : « L’agriculture pourrait représenter 15 à 25 % du PIB du Somaliland. Israël pourrait devenir un partenaire capable de transformer durablement notre secteur agricole ».
Le ministère souligne que les saisons des pluies sont de plus en plus tardives et insuffisantes depuis cinq ans, provoquant des sécheresses récurrentes. Avec le soutien israélien, le Somaliland espère accroître significativement les surfaces cultivées, encore limitées à seulement 3 % du territoire, et améliorer la résilience de ses exploitations face au changement climatique.
La Rédaction

