Moroni a accueilli le mois dernier un contingent de la Marine des États-Unis pour un échange militaire de quatre jours, illustrant le renforcement des liens entre les Comores et Washington et la coopération croissante pour sécuriser l’océan Indien austral.
Contexte stratégique et enjeux régionaux
Les Comores, situées au cœur de l’océan Indien, contrôlent une zone économique exclusive de 160 000 km². Leur position géographique en fait un acteur clé dans la sécurité maritime régionale. Dans un océan Indien devenu théâtre de rivalités entre grandes puissances — États-Unis, France, Chine et Inde —, le renforcement des capacités militaires comoriennes s’inscrit dans un équilibre délicat visant à protéger les voies maritimes, à prévenir la criminalité transfrontalière et à soutenir la stabilité régionale.
Une coopération militaire renforcée
La visite du général de brigade américain Matthew W. Brown, commandant de la Force opérationnelle interarmées pour la Corne de l’Afrique basée à Djibouti, a été marquée par des échanges d’expertise et des démonstrations sur le terrain. Les exercices se sont concentrés sur l’interopérabilité entre les forces comoriennes et américaines, avec un accent sur les opérations anti-trafic, anti-migration irrégulière et de sécurité maritime multilatérale.
Le ministre de la Défense des Comores, Youssoufa Mohamed Ali, a souligné que cette collaboration vise à « renforcer durablement l’efficacité opérationnelle de nos forces, leur capacité d’anticiper et leur compétence dans l’exécution des missions confiées au service de la nation ».
Des exercices intensifs et réalistes
Au Centre de formation d’Itsoundzou, à 15 km de Moroni, les forces comoriennes et américaines ont travaillé sur des scénarios variés : soins aux victimes de combats tactiques, opérations de drones, tirs de mortiers, tir de précision, évacuations médicales et communications aériennes. La Gendarmerie nationale, la Garde côtière et la Direction générale de la sécurité civile ont participé activement, garantissant une approche interservices.
Le capitaine de corvette Sephora Fortune, chef du groupe militaire américain à Madagascar et aux Comores, a rappelé l’importance de cette coopération : « Les activités maritimes illégales, qu’il s’agisse de pêche illégale ou de trafic de personnes et de stupéfiants, menacent la souveraineté, affaiblissent les économies et déstabilisent les communautés côtières. »
Des discussions stratégiques à haut niveau
Au-delà des exercices pratiques, des réunions ont permis d’évaluer les besoins prioritaires des forces comoriennes : surveillance maritime, sécurisation des frontières et renforcement des capacités opérationnelles adaptées à la réalité locale. Les discussions ont également porté sur le rôle stratégique des Comores dans la région, notamment pour soutenir la paix et la stabilité dans l’océan Indien austral.
Le général Brown a rappelé l’engagement de longue date des États-Unis à collaborer avec tous les pays de la région pour contrer les menaces transnationales, insistant sur le partage d’expertise et l’amélioration des capacités locales.
Vers un partenariat durable
À l’issue de l’échange, le ministre Ali a réaffirmé l’engagement des Comores à développer une coopération internationale basée sur le respect mutuel, la mise en commun des compétences et le renforcement durable des forces locales. Il a exprimé l’espoir que cette collaboration se poursuive et s’intensifie, au service de la sécurité et de la stabilité de l’archipel et de la région.
La Rédaction

