Arriérés massifs et tensions de trésorerie mettent le Gabon sous pression financière
La situation financière du Gabon devient critique en 2025. Les arriérés de paiement, qu’ils soient internes ou externes, continuent de s’accumuler, mettant à rude épreuve la trésorerie de l’État et limitant l’accès à de nouveaux financements. Dans ce contexte, le rôle du Fonds monétaire international (FMI), traditionnellement un recours pour les États en difficulté, reste pour l’instant limité, tandis que Fitch Ratings alerte sur les risques associés.
Selon les chiffres officiels de la Direction générale de la dette, les arriérés du Gabon ont atteint 443,6 milliards de FCFA (792 millions de dollars) à fin octobre 2025, soit une hausse spectaculaire de près de 40 % en un an. Cette accumulation reflète un double problème : des dépenses publiques en forte hausse, sous l’effet de la transition politique post-août 2023, et un accès limité aux financements internationaux et régionaux, en particulier au sein de la CEMAC.
Fitch Ratings met en garde contre l’impact de cette dynamique sur la solvabilité du pays. L’agence souligne que la dette publique totale, déjà élevée, pourrait frôler 87 % du PIB d’ici 2027, et que l’augmentation continue des arriérés intérieurs et extérieurs réduit fortement la marge de manœuvre de l’État pour financer les projets prioritaires.
Dans ce contexte, le FMI pourrait jouer un rôle clé pour stabiliser la situation financière. Cependant, un programme de soutien reste hors de portée à court terme. Fitch note que l’accumulation des arriérés de paiement, la politique budgétaire expansionniste et la nécessité probable de réformes difficiles rendent improbable la mise en place immédiate d’un programme avec le FMI. Les autorités gabonaises travaillent néanmoins à l’élaboration d’un plan économique national, destiné à préparer un futur dialogue avec l’institution internationale.
Cette situation illustre un paradoxe : le Gabon dispose d’une économie relativement stable sur le plan structurel, mais l’accumulation rapide des dettes publiques et l’absence de soutien extérieur immédiat font peser un risque sérieux sur sa capacité à honorer ses engagements et à financer ses priorités sociales et infrastructurelles.
La Rédaction

