Au Togo, l’exploitation minière artisanale demeure depuis des décennies un pilier discret de l’économie nationale. Longtemps ignorée par les statistiques officielles, cette activité, pratiquée par des milliers de familles dans les régions des Plateaux et de la Centrale, commence enfin à être reconnue pour son rôle économique et social essentiel.
Quand l’invisible devient mesurable
Marbre, calcaire et autres minéraux extraits à petite échelle alimentent la construction et l’artisanat local. Pourtant, jusqu’à présent, leurs contributions n’étaient pas reflétées dans les chiffres officiels. Cette absence de données ne signifie pas un manque d’impact : elle masque une réalité économique tangible et la dépendance de nombreuses communautés à cette activité artisanale. L’économie minière informelle, bien que discrète, est un vecteur de revenus locaux et un moteur du développement régional.
L’INSEED à la conquête de l’inquantifiable
Pour combler ce vide, l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) a lancé une vaste campagne de collecte de données. En alliant enquêtes de terrain, rencontres avec les exploitants locaux et méthodologies alignées sur les standards internationaux, l’institut cherche à mesurer l’ampleur réelle de cette activité. L’objectif dépasse le simple comptage : il s’agit de donner à l’économie artisanale une place tangible dans les rapports nationaux et de permettre aux décideurs de mieux orienter les politiques publiques.
Transparence et gouvernance renforcées
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui promeut la publication exhaustive des données sur les ressources minérales et leurs revenus. L’intégration de l’artisanat minier dans les statistiques nationales permettra non seulement d’améliorer la régulation fiscale du secteur mais aussi d’offrir une vision plus fidèle de l’économie extractive du pays, renforçant la confiance des acteurs nationaux et internationaux.
Un levier pour le développement local
Reconnaître officiellement l’exploitation artisanale ouvre la voie à des politiques publiques plus inclusives. Amélioration des conditions de travail, sécurité sur les sites, accompagnement technique et projets de développement durable deviennent possibles lorsque cette économie informelle est enfin comptabilisée. Pour les régions concernées, cette démarche peut transformer l’artisanat minier en véritable moteur de développement économique et social, tout en limitant les pratiques non encadrées.
L’artisanat minier : de l’ombre à la lumière
En sortant l’exploitation artisanale de l’ombre des statistiques, le Togo franchit une étape majeure vers une économie plus complète et transparente. Il ne s’agit plus seulement de chiffres, mais de donner reconnaissance et valeur à des milliers de familles et de consolider un secteur stratégique pour le développement du pays. L’économie minière artisanale, longtemps invisible, s’affirme désormais comme un levier essentiel pour l’avenir.
La Rédaction

