Et si, au lieu de fuir les rats, on les vénérait ? À Deshnok, au nord de l’Inde, un temple sacré abrite plus de 25 000 rongeurs, considérés comme des incarnations divines.
Là où les rats sont rois
À une trentaine de kilomètres de Bikaner, dans le désert du Rajasthan, se dresse le temple de Karni Mata, un lieu unique au monde. Ici, les rats — appelés kabbas — circulent librement entre les fidèles, grimpent sur les offrandes et partagent le lait versé dans de grandes coupelles d’argent. Loin d’être repoussés, ils sont nourris, protégés et même honorés.

La légende raconte que la déesse Karni Mata, incarnation de la puissance féminine, aurait demandé à Yama, le dieu de la mort, de ressusciter le fils d’un conteur. Devant son refus, elle promit que tous les membres de sa lignée seraient désormais réincarnés en rats, vivant ainsi éternellement dans son temple.
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Un symbole de pureté et de respect
Marcher dans le temple pieds nus est un signe de respect. Si un rat traverse votre chemin — ou mieux, grimpe sur vos pieds — c’est un présage de bonheur. Et si, par malheur, quelqu’un en tue un accidentellement, il doit le remplacer par une statue d’argent ou d’or.
Les visiteurs affluent du monde entier pour assister à ce spectacle déconcertant où la frontière entre dévotion et fascination se brouille. Ce temple rappelle la profondeur spirituelle de l’Inde, où même les plus petits êtres peuvent devenir sacrés.
Une leçon d’humilité universelle
Le temple de Karni Mata invite à réfléchir à notre rapport au vivant. Dans ce lieu hors du temps, les rats ne sont ni nuisibles ni méprisés : ils sont des symboles de la vie qui se poursuit, du respect de toute création, et du cycle éternel des âmes.
La Rédaction

