Le président américain Donald Trump s’apprête à accueillir un sommet majeur réunissant les dirigeants africains à New York. Une initiative qui signe le retour d’un format diplomatique initié sous Barack Obama, et marque la volonté de Washington de réinvestir le terrain africain face aux nouvelles influences.
C’est depuis Abidjan, en marge de l’Africa CEO Forum, que Troy Fitrell, secrétaire adjoint par intérim aux Affaires africaines au département d’État américain, a confirmé l’organisation imminente d’un sommet États-Unis-Afrique. La rencontre, dont la date exacte n’a pas encore été révélée, se tiendra à New York, et réunira les chefs d’État et de gouvernement africains autour du président Donald Trump, revenu à la Maison Blanche en 2025.
Un retour stratégique sur le continent africain
L’annonce faite le 14 mai lors du premier Sommet des chambres de commerce américaines (AmChams) en Afrique de l’Ouest intervient dans un contexte où la concurrence internationale sur le continent s’intensifie. La Chine, la Russie, la Turquie et les Émirats arabes unis ont consolidé leur présence économique et militaire, obligeant les États-Unis à réévaluer leur approche.
Ce futur sommet s’inscrit dans une volonté de réengagement stratégique : « Les États-Unis veulent écouter les préoccupations africaines, renforcer les partenariats économiques et sécuritaires, et créer un cadre mutuellement bénéfique », a déclaré Troy Fitrell à Abidjan.
Un écho au sommet de 2014 initié par Barack Obama
L’initiative rappelle celle lancée en 2014 par Barack Obama, premier président américain à réunir un tel nombre de dirigeants africains à Washington. Ce format avait été salué pour avoir replacé l’Afrique au cœur de la politique étrangère américaine. En relançant un tel sommet, Trump cherche à projeter une image d’ouverture et à consolider les liens diplomatiques mis à mal lors de son premier mandat.
Ce déplacement stratégique de la capitale fédérale vers New York – siège des Nations unies et centre économique mondial – illustre également l’objectif de renforcer les partenariats commerciaux. Plusieurs pays africains attendent d’ailleurs une révision de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), programme-clé de libre-échange qui arrive à échéance en 2025.
Des enjeux économiques et géopolitiques majeurs
Au-delà du symbole diplomatique, le sommet ambitionne de répondre aux priorités africaines : industrialisation, création d’emplois, développement des infrastructures, accès aux marchés mondiaux et sécurité régionale. Des sujets devenus plus urgents dans un climat marqué par les tensions sécuritaires au Sahel, les incertitudes post-Covid et la montée de régimes militaires dans plusieurs États.
Le secteur privé jouera un rôle central, comme en témoigne l’organisation du sommet AmChams en Côte d’Ivoire. Washington entend mobiliser davantage d’investissements américains dans les secteurs de l’énergie, du numérique, de l’agriculture durable et de la formation professionnelle.
Vers une nouvelle ère dans les relations États-Unis-Afrique ?
Cette relance du dialogue bilatéral marque une inflexion notable dans la politique étrangère américaine. Elle répond aussi aux attentes exprimées par de nombreux pays africains : être considérés comme des partenaires à part entière, capables de dialoguer d’égal à égal avec les grandes puissances.
Si le sommet à venir tient ses promesses, il pourrait ouvrir la voie à un partenariat plus équilibré entre les États-Unis et l’Afrique. Reste à voir si cette volonté diplomatique sera accompagnée de mesures concrètes et durables, au-delà des annonces.
La Rédaction

