Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé lundi des « progrès tangibles » vers un règlement politique en Libye, soulignant l’urgence de rétablir la stabilité dans le pays. Lors d’une conférence de presse conjointe tenue à Moscou avec l’Égypte, il a précisé que la Russie travaille en étroite collaboration avec Le Caire pour favoriser un dialogue inclusif entre toutes les factions libyennes. « Le Caire demeure un partenaire stratégique de Moscou en Afrique du Nord et un acteur clé pour une solution politique durable », a-t-il déclaré.
Selon Lavrov, cette coordination vise à soutenir les initiatives sous l’égide des Nations Unies et à encourager Tripoli et Benghazi à convenir d’un calendrier électoral crédible. La Russie et l’Égypte appellent à la formation d’un gouvernement unifié capable de restaurer les institutions nationales fragmentées depuis 2014.
Le rôle du Caire dans la médiation libyenne est ancien, avec des liens solides avec le Parlement de Tobrouk et l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, tandis que Moscou entretient des contacts avec l’ensemble des parties. Les deux capitales partagent un objectif commun : éviter un effondrement sécuritaire aux frontières orientales de la Libye et préserver la stabilité régionale.
Cette convergence russo-égyptienne survient alors que les discussions sous l’égide de l’ONU peinent à aboutir à un accord politique global. Malgré la mise en place d’un comité mixte pour harmoniser les textes constitutionnels et électoraux, les rivalités institutionnelles persistent entre le gouvernement d’union nationale à Tripoli et les autorités de l’Est.
Les diplomates russes estiment néanmoins que « les conditions sont réunies » pour relancer le processus, à condition que les acteurs libyens privilégient « le consensus et l’intérêt national ». Aucun calendrier officiel n’a encore été annoncé, mais Moscou et Le Caire comptent intensifier leurs efforts diplomatiques dans les prochaines semaines.
La Rédaction

