Le Botswana a annoncé la création d’un nouveau fonds souverain destiné à compléter le Fonds Pula, géré par la banque centrale, afin de renforcer la discipline fiscale tout en stimulant la diversification économique, la création d’emplois et le développement des compétences.La nouvelle entité sera une société publique fonctionnant sur des bases commerciales, avec un contrôle indépendant et des rapports réguliers au public. Contrairement au Fonds Pula, destiné à la stabilité des réserves, ce fonds sera isolé financièrement, axé sur le développement et comparé aux standards internationaux.Selon Emmah Peloetletse, secrétaire permanent auprès du président Duma Boko et vice-président du fonds, le conseil dispose « d’une feuille blanche pour créer un instrument durable, orienté vers le commercial mais avec une conscience sociale », notamment pour accompagner la jeunesse botswanaise et la main-d’œuvre qualifiée vers une économie plus productive.À lire aussi : Botswana et De Beers. Entre stabilité et quête de souveraineté minièreDeux innovations majeures distinguent ce fonds du passé : un conseil d’administration hybride mêlant décideurs locaux et experts internationaux, et un isolement financier strict régissant les retraits pour protéger le capital et garantir « l’équité générationnelle ». Farouk Gumel, président inaugural, précise que seuls les revenus générés seront utilisés, préservant ainsi le capital initial.Le fonds investira à la fois au niveau national et international. À l’échelle locale, il vise à professionnaliser les liquidités d’environ 63 entreprises publiques. À l’international, il pourra investir de manière plus diversifiée que le Fonds Pula, pour renforcer la compétitivité du Botswana sur la scène mondiale.La gouvernance s’appuiera sur les Principes de Santiago, garantissant transparence et responsabilité, avec des rapports trimestriels préparés selon les normes IFRS et transmis au parlement. L’isolement financier et les retraits régis par des règles doivent rendre le fonds plus sûr et visible.Le financement initial proviendra de segments isolés des actifs de l’État, avec d’autres sources à définir après la nomination d’un directeur général. L’objectif stratégique est de réduire la dépendance aux diamants et d’anticiper les nouvelles opportunités économiques, comme les minéraux critiques et les énergies renouvelables.Le conseil prévoit de nommer le directeur général, de finaliser un plan opérationnel et de lancer officiellement le fonds d’ici la fin décembre. L’approche s’inspire des modèles de Norvège, Singapour et des pays du Golfe, tout en étant adaptée aux spécificités du Botswana.
La Rédaction

