Enjeu majeur pour l’organisation mondiale : le financement.
Depuis lundi 22 à New York, la diplomatie mondiale se mobilise pour l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies. Les débats se concentrent sur les conflits au Proche-Orient, la guerre en Ukraine, le nucléaire iranien et la reconnaissance éventuelle d’un État palestinien. Derrière ces sujets très médiatisés se profile un enjeu tout aussi vital : la disponibilité des fonds pour maintenir et développer les missions de l’ONU à travers le monde.
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Réductions budgétaires envisagées
Antonio Guterres, secrétaire général, a proposé aux États membres de réduire de 15 % le budget ordinaire de l’organisation pour l’année prochaine. Cette mesure pourrait entraîner la suppression d’environ 2.500 postes, touchant équitablement les trois principaux domaines de l’ONU : maintien de la paix, droits de l’homme et développement durable.
Cette initiative survient alors que les contributions financières de certains pays accusent du retard. Les États-Unis, premier contributeur, n’ont pas versé leur quote-part depuis le retour de Donald Trump à la présidence, tandis que la Chine ne s’est acquittée de son dû qu’en toute fin d’année 2024.
Des agences en quête de ressources
Au-delà du budget central, l’ONU abrite une multitude d’organismes spécialisés : OMS, Unicef, UNESCO, Organisation internationale du Travail, Programme alimentaire mondial, Organisation internationale pour les migrations, Haut-Commissariats aux droits de l’homme et aux réfugiés. La plupart de ces agences dépendent de contributions volontaires, qu’elles proviennent de gouvernements ou de donateurs privés.
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Certaines décisions américaines compromettent directement ces missions. Le retrait partiel du financement de structures comme le HCR, qui reposait à 40 % sur l’aide américaine, pourrait provoquer la suppression de 3.000 à 4.000 emplois dans le monde, fragilisant l’aide humanitaire et la protection des réfugiés.
Maintien de la paix : un défi persistant
Le financement des opérations de maintien de la paix demeure un point sensible. Malgré le nombre record de conflits dans le monde, Antonio Guterres avait déjà alerté en mai sur la nécessité de garantir ces budgets. Les États-Unis restent les principaux contributeurs, mais l’avenir de leur engagement est incertain.
Mike Walz, ancien conseiller à la sécurité de Donald Trump et futur ambassadeur américain à l’ONU, critique ouvertement l’organisation. Devant le Sénat, il a dénoncé une bureaucratie pléthorique avec des missions redondantes, entraînant un gaspillage de ressources colossales. Il a annoncé son intention de réformer le système de maintien de la paix et de rationaliser les missions les plus coûteuses.
La Rédaction

