Un défilé militaire massif du groupe rebelle M23 a eu lieu à Goma, dans l’est de la RDC, une région riche en ressources minières. Cet événement a suscité des inquiétudes chez les habitants et les analystes quant à la concrétisation prochaine d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali, principal soutien du mouvement.
L’accord, prévu d’être signé prochainement à Washington, doit définir l’avenir du M23 dans l’est congolais, où le groupe a mené des attaques rapides depuis janvier, prenant temporairement le contrôle de villes stratégiques comme Goma et Bukavu, tandis que l’armée congolaise reculait. Les experts de l’ONU indiquent que le M23 bénéficie de l’appui de milliers de soldats rwandais.
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Les principaux points de cet accord incluent le retrait du soutien rwandais au M23 et la restitution de territoires aux autorités congolaises. Une médiation orchestrée par le Qatar a permis aux deux parties de s’engager à mettre fin aux hostilités. Cependant, des affrontements sporadiques ont été signalés entre le M23 et des groupes alliés au gouvernement, chaque camp accusant l’autre de violer le cessez-le-feu.
Dimanche, le M23 a présenté environ 7 000 nouvelles recrues, composées de soldats congolais ayant rejoint le mouvement et de membres de milices locales. Les organisations de défense des droits humains craignent que certains jeunes et civils soient contraints de rejoindre les rangs rebelles. « Les recrutements forcés observés depuis la prise de contrôle du M23 dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu restent préoccupants », a déclaré Christian Rumu, chargé de campagne chez Amnesty International.
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Cette démonstration de force fragilise les espoirs des habitants des zones sous contrôle du M23, qui comptaient sur les négociations pour rétablir la paix. « Cela pourrait compromettre le processus pacifique mené via Doha et Washington », a ajouté M. Rumu.
Le conflit a déjà provoqué une crise humanitaire majeure, avec plus de 3 000 morts et des millions de déplacés. Un récent rapport des Nations unies souligne des atrocités graves commises par le M23 et l’armée congolaise, incluant viols collectifs, esclavage sexuel, torture et assassinats de civils. Le bureau des droits de l’homme des Nations unies rappelle que les gouvernements congolais et rwandais sont également responsables de ces crimes.
La Rédaction

