La branche sahélienne d’Al-Qaïda, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), a instauré un blocus dans l’ouest du Mali, dans les régions stratégiques de Kayes et Nioro, proches des frontières avec le Sénégal et la Mauritanie. Cette action menace l’approvisionnement en produits essentiels, notamment le carburant, et perturbe le commerce transfrontalier.
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Un blocus stratégique pour perturber l’économie
Depuis le mercredi 3 septembre 2025, le GSIM a annoncé la mise en place d’un blocus sur les zones frontalières maliennes. L’objectif principal est d’empêcher l’accès aux marchandises essentielles, dont le carburant venant du Sénégal et d’autres produits importés via la Mauritanie et la Côte d’Ivoire.
Les transporteurs sont menacés : leurs camions-citernes peuvent être incendiés, et leurs chauffeurs ciblés en cas de non-respect du blocus. Selon des responsables maliens du transport, certaines opérations ont été suspendues pour éviter des pertes humaines et matérielles.
« Nous faisons habituellement venir du carburant du Sénégal, mais nous avons préféré suspendre nos opérations pour le moment », confie un responsable d’entreprise de transport.
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Des conséquences économiques immédiates
Le blocus du GSIM affecte directement le commerce et la logistique dans l’ouest du Mali. À Nioro du Sahel, l’accès à la ville est désormais restreint, et de nombreuses liaisons commerciales entre Bamako et Dakar ont été interrompues. Les entreprises de transport et les commerçants se retrouvent dans l’incapacité de maintenir leurs activités.
Selon une source proche du ministère des Transports, « l’État prend des mesures pour assurer la sécurité des personnes et des biens sur l’axe Bamako-Dakar ». Cependant, la menace djihadiste reste un obstacle majeur pour la circulation des marchandises et le ravitaillement des populations.
Une offensive ciblée pour affaiblir la junte
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du GSIM visant à fragiliser la junte malienne, au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Le groupe a intensifié ses attaques contre les infrastructures économiques et industrielles, ciblant des axes commerciaux essentiels pour perturber l’approvisionnement et exercer une pression sur le gouvernement.
La Rédaction

