Le gouvernement fédéral nigérian a lancé un cri d’alarme face au « triple fardeau » de la malnutrition, un phénomène qui fragilise gravement la santé publique et menace l’avenir du pays. L’avertissement a été donné lors de la Nigeria Health Watch Roundtable à Abuja, où les autorités sanitaires et leurs partenaires ont insisté sur l’urgence d’agir.Qu’est-ce que le « triple fardeau » ?Cette expression désigne la coexistence de trois formes de malnutrition dans un même pays :• La sous-alimentation (undernutrition) : apport énergétique insuffisant, entraînant émaciation, retard de croissance et faiblesse physique.• La surnutrition (overnutrition) : excès de calories provenant d’aliments peu nutritifs, favorisant surpoids, obésité, diabète et maladies cardiovasculaires.• Les carences en micronutriments : manque de vitamines et de minéraux essentiels (fer, iode, zinc, vitamine A…), qui affaiblissent le système immunitaire et les capacités cognitives.Au Nigeria, ces trois réalités coexistent : certains enfants manquent de nourriture, d’autres grandissent avec une alimentation déséquilibrée, tandis que de nombreux adultes souffrent aussi de carences nutritionnelles invisibles mais graves.Une menace pour les enfantsLadidi Bako-Aiyegbusi, directrice de la Nutrition, et Daju Kachollom, secrétaire permanent au ministère de la Santé et du Bien-être social, ont rappelé que l’alimentation quotidienne reste trop centrée sur le maïs, le manioc et le riz. Si ces aliments rassasient, ils ne couvrent pas les besoins en nutriments essentiels.Près de 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance. Selon l’UNICEF, si aucune action d’envergure n’est engagée, 420 000 enfants risquent de mourir parmi les 3,5 millions touchés par la malnutrition aiguë sévère (MAS).L’urgence d’une action nationalePour contrer cette crise, les experts recommandent :• la diversification agricole afin de réduire la dépendance aux seuls féculents,• l’élargissement de l’accès aux aliments fortifiés,• une meilleure sensibilisation des familles à la nutrition infantile et maternelle,• et des politiques publiques de santé visant à prévenir à la fois la sous-alimentation et l’obésité.Sans un changement profond, le fardeau « triple » de la malnutrition risque de freiner le développement humain et économique du Nigeria pour les décennies à venir.
La Rédaction

