Jean Kissi, ancien cadre du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et proche collaborateur de feu Me Yawovi Agboyibo, a livré dimanche une analyse sans complaisance de la scène politique nationale. Selon lui, l’opposition porte une lourde responsabilité dans l’impasse actuelle du pays, en raison de son incapacité à incarner un véritable leadership.
Une autocritique sévère
Revenant sur les multiples tentatives de changement politique, Jean Kissi a souligné que les sacrifices consentis par la population n’ont pas été suivis d’effets. Pour lui, les partis d’opposition n’ont pas su capitaliser sur les moments clés de la contestation, laissant s’installer une forme d’immobilisme.
Entre divisions et incapacité à se renouveler
L’ancien secrétaire national du CAR décrit un camp d’opposition fragmenté, prisonnier de querelles intestines et d’une absence de stratégie commune. Les erreurs répétées, le manque de vision et l’incapacité à adapter le discours aux attentes des citoyens ont fini par affaiblir son image.
La question de la mobilisation
Interrogé sur l’échec de la manifestation de samedi dernier, Jean Kissi a évoqué l’imposant dispositif sécuritaire comme facteur de démobilisation. Toutefois, limiter la désaffection populaire à la peur serait réducteur : une grande partie de la population ne croit plus aux promesses d’une opposition qui peine à proposer des alternatives concrètes.
Des discours sans perspectives
Depuis plusieurs années, la communication des partis d’opposition s’apparente davantage à un exercice de visibilité qu’à une véritable proposition politique. Les interventions médiatiques répétitives, dépourvues de contenu nouveau, renforcent le sentiment de lassitude chez les Togolais.
Un paysage politique figé
Alors que le pouvoir met en avant l’idée d’un dialogue permanent, l’opposition reste embourbée dans ses divisions. Ce décalage nourrit un climat de tensions récurrentes, marqué par des mobilisations en dents de scie, mais sans projet de transformation crédible.
Un peuple désenchanté
La démobilisation observée aujourd’hui découle moins d’une peur généralisée que d’une profonde désillusion. Les citoyens, longtemps acteurs de la lutte pour l’alternance, s’éloignent peu à peu d’un jeu politique perçu comme stérile et sans horizon clair.
La Rédaction

