La police nationale d’Haïti a annoncé mardi la reprise du site stratégique de Téléco, un centre de télécommunications situé à Kenscoff, tombé la semaine dernière aux mains de gangs lourdement armés. Cette opération, menée avec l’appui de la mission internationale soutenue par l’ONU et dirigée par la police kényane, marque un rare succès pour les autorités haïtiennes dans leur lutte contre l’insécurité.
Une opération éclair à Kenscoff
L’assaut a débuté avant l’aube lundi et a duré environ deux heures, selon le porte-parole de la police nationale, Michel-Ange Louis Jeune. L’intervention a permis la saisie de nombreuses armes automatiques, dont certaines avec numéros de série effacés, ainsi que plus de 1 000 munitions. Aucun bilan humain n’a été communiqué.
Le nouveau directeur général de la police, André Jonas Vladimir Paraison, a salué cette reprise, affirmant que « la police veille lorsque la population dort », soulignant la détermination de l’institution à rétablir un minimum de sécurité dans la capitale et ses environs.
Téléco, un site stratégique pour le pays
La prise de Téléco par les gangs avait provoqué des perturbations dans les communications Internet et le trafic aérien. Situé à proximité de Port-au-Prince, le site est vital pour la connectivité et la stabilité des infrastructures haïtiennes. Sa reprise représente donc une victoire symbolique autant que logistique pour l’État.
Kenscoff, de havre de paix à zone de violence
Autrefois considérée comme une zone paisible, Kenscoff est devenue la cible de violences répétées. Début août, huit enfants de l’orphelinat Saint-Hélène y avaient été enlevés, malgré les opérations policières visant à repousser l’influence des gangs.
L’attaque contre Téléco a été attribuée à Viv Ansanm, une fédération de gangs qui avait déjà ciblé d’autres infrastructures gouvernementales en 2024, dont l’aéroport international de Port-au-Prince et les prisons centrales du pays, permettant la fuite de près de 4 000 détenus.
Une lutte de longue haleine
Cette reprise de contrôle illustre les difficultés de la police haïtienne face à des bandes organisées de plus en plus puissantes et déterminées à s’emparer des infrastructures de l’État. Malgré ce succès, la bataille pour la stabilité d’Haïti reste incertaine, dans un pays où les gangs continuent d’étendre leur emprise jusque dans les quartiers les plus reculés.
La Rédaction

