En Côte d’Ivoire, le climat politique s’électrise à l’approche de la présidentielle d’octobre 2025. L’ancien président Laurent Gbagbo, aujourd’hui à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a réaffirmé ce 16 août son opposition catégorique à un quatrième mandat d’Alassane Ouattara. À 80 ans, l’ex-chef d’État se pose en principal adversaire d’un scrutin qui s’annonce sous haute tension.
Gbagbo exclu mais toujours déterminé
Radié de la liste électorale depuis 2018 en raison d’une condamnation liée à la crise postélectorale de 2010-2011, Laurent Gbagbo n’entend pas abandonner la bataille. Devant ses partisans rassemblés à Abidjan, il a dénoncé une « dérive autoritaire » et promis de tout mettre en œuvre pour bloquer la candidature de son successeur.
« Il n’y aura pas de 4ᵉ mandat », a-t-il martelé, appelant ses militants à rester mobilisés malgré son inéligibilité actuelle.
Ouattara en quête d’un quatrième mandat
Alassane Ouattara, 83 ans, a officialisé sa candidature, s’appuyant sur la Constitution révisée de 2016 qui, selon lui, remet à zéro le compteur des mandats. Cette interprétation est contestée par ses opposants, qui y voient une tentative de confiscation du pouvoir. Pour ses partisans, en revanche, ce quatrième mandat serait la garantie de stabilité et de continuité dans un contexte régional fragile.
Des fractures au sein du PPA-CI
La stratégie du camp Gbagbo reste incertaine. Certains cadres du parti, comme Ahoua Don Mello, ont déjà annoncé leur propre candidature, ce qui a conduit à des tensions internes et à des sanctions disciplinaires. Malgré ces divisions, Laurent Gbagbo conserve un poids symbolique fort dans la vie politique ivoirienne, nourrissant l’espoir d’un retour sur la scène électorale.
Une élection déjà contestée
L’exclusion de plusieurs figures majeures — Laurent Gbagbo, mais aussi l’ex-patron de Credit Suisse Tidjane Thiam — alimente la colère dans la rue. Début août, des milliers de manifestants se sont mobilisés à Abidjan pour réclamer une révision du fichier électoral et dénoncer ce qu’ils considèrent comme une compétition verrouillée. L’arrestation récente de militants du PPA-CI, accusés d’« actes terroristes », accentue la crispation politique.
Enjeu majeur pour la démocratie ivoirienne
À moins de trois mois du scrutin, la Côte d’Ivoire s’engage dans une période décisive. La confrontation entre un président sortant déterminé à prolonger son règne et un ancien chef d’État mobilisant ses partisans malgré son exclusion pourrait bien faire de cette élection un tournant pour la stabilité du pays. Reste à savoir si le processus électoral saura répondre aux attentes de transparence et d’équité exprimées par l’opposition et la société civile.
La Rédaction

