Des fouilles en forêt équatoriale gabonaise révèlent des traces de vie humaine vieilles de plusieurs millénaires.
Au cœur de la forêt équatoriale du Gabon, chaque coup de brosse et de truelle permet de faire remonter à la surface des vestiges d’un passé méconnu. À Lastourville, à l’est du pays, le sol recèle des traces d’habitats humains remontant jusqu’à 25 000 ans avant notre ère. Autrefois recouverte par un vaste océan il y a des milliards d’années, cette région dense de forêts et de falaises de dolomies est aujourd’hui un terrain privilégié pour les fouilles archéologiques.
Dans l’abri-sous-roche de Youmbidi, les cavernes offrent un cadre idéal pour étudier la vie préhistorique en milieu forestier. Contrairement aux idées reçues, l’homme a occupé ces forêts depuis des millénaires, développant des modes de vie adaptés à cet environnement complexe et changeant.

Reconstituer un passé ancien
Après des semaines de fouilles minutieuses, chaque pierre, reste de charbon, ossement ou outil est analysé pour reconstituer un puzzle de la vie ancienne. Parmi les découvertes :
• Des outils en pierre datant du Pléistocène, utilisés pour tailler ou travailler des fibres végétales.
• Des pointes de flèche et des éclats de dolomie, quartz et jaspe vieux de plus de 10 000 ans.
• Un tesson de poterie âgé de plus de 6 500 ans, l’un des plus anciens connus en Afrique centrale.
• Des dents humaines, offrant la possibilité d’étudier l’ADN ancien pour mieux comprendre les populations.
• Une perle fabriquée à partir d’une coquille d’escargot, datée entre 3 300 et 4 900 ans.
Ces objets témoignent d’une vie préhistorique organisée et inventive. Les habitants de la région avaient des savoir-faire techniques, des coutumes et un art de vivre, bien loin de l’image des hommes préhistoriques brutaux ou primitifs.
Comprendre la résilience face au climat
Au cours des 12 000 dernières années, correspondant à l’Holocène, l’Afrique centrale a subi d’importantes transformations climatiques, hydrologiques et végétales. Étudier les populations anciennes permet de mieux comprendre comment elles se sont adaptées à ces changements parfois drastiques.
Ces recherches révèlent que la vie en forêt tropicale préhistorique n’était pas seulement une question de survie : elle impliquait des innovations, une organisation sociale et des pratiques culturelles élaborées.
Les fouilles en cours à Youmbidi promettent d’enrichir notre compréhension de la préhistoire en Afrique centrale et d’éclairer la manière dont les sociétés humaines ont toujours interagi avec leur environnement.
La Rédaction

