Le Soudan pourrait être au bord d’un tournant diplomatique. Lundi 11 août, à Zurich, le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, s’est entretenu en toute discrétion pendant trois heures avec l’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos. L’objectif : négocier un plan de cessez-le-feu global et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans les zones assiégées, notamment El Fasher, capitale du Darfour du Nord.
Une rencontre secrète révélatrice
Bien que le contenu exact des discussions reste confidentiel, cette rencontre démontre un changement d’approche de la part des États-Unis, plus pressés de trouver une solution durable au conflit soudanais. L’ancien statu quo, marqué par des mois d’interruption de dialogue et de refus de médiation, semble évoluer. Le général al-Burhan apparaît désormais ouvert à la négociation, fort des avancées récentes de l’armée sur le terrain.
Le refus d’un rôle politique pour les FSR
Lors de l’entretien, le chef de l’armée a clairement exclu toute participation politique des Forces de soutien rapide (FSR) : « la milice doit être dissoute, ses chefs présentés à la justice », selon des sources gouvernementales soudanaises. Cette position marque un point central des négociations pour un règlement durable.
Une diplomatie élargie ?
Le Soudan cherche à inclure d’autres pays dans le processus de médiation. L’Arabie saoudite et les États-Unis avaient déjà tenté des initiatives à Jeddah sans succès. D’autres alliés de l’armée soudanaise, comme l’Égypte, le Qatar et l’Érythrée, pourraient être intégrés pour renforcer le dialogue.
Les priorités américaines
Massad Boulos, tout en restant discret sur le contenu du plan de paix, a exprimé sur son compte X sa préoccupation face aux pertes civiles autour d’El Fasher et a insisté sur la nécessité d’un passage rapide de l’aide humanitaire. Washington entend également relancer sa coopération avec Khartoum dans la lutte contre le terrorisme et la sécurité régionale, notamment en mer Rouge.
Contexte international
Cette rencontre intervient après l’annulation à la dernière minute d’une réunion du Quartet sur le Soudan à Washington, en raison de divergences entre Le Caire et Abou Dhabi sur le communiqué final. Le récent tête-à-tête à Zurich illustre donc la volonté américaine de trouver une voie concrète pour stabiliser le pays et soulager la population civile.
Alors que la situation humanitaire reste critique, le dialogue discret entre Washington et Khartoum pourrait ouvrir la voie à un cessez-le-feu effectif et à la livraison d’aides vitales. Les prochains jours seront déterminants pour évaluer si cette approche américaine plus proactive produira des résultats tangibles sur le terrain soudanais.
La Rédaction

