La Tanzanie a décidé de verrouiller l’accès de plusieurs petites activités économiques aux investisseurs et travailleurs étrangers. Cette orientation, présentée comme un levier pour stimuler l’emploi local, redessine en profondeur le paysage entrepreneurial du pays.
Quinze domaines sous exclusivité nationale
Désormais, seuls les citoyens tanzaniens pourront exercer dans une liste de quinze secteurs ciblés par le gouvernement. Parmi eux figurent :
• Les transferts d’argent mobile et la réparation d’appareils électroniques
• Les salons de coiffure et instituts de beauté non liés au tourisme
• Le commerce de détail ou de gros, hors grandes surfaces ou enseignes spécialisées
• L’exploitation minière artisanale
• Les services de livraison, le guidage touristique et la vente d’articles souvenirs
• Le courtage immobilier, le dédouanement et l’achat direct de produits agricoles aux producteurs
• Certaines petites unités industrielles et activités ludiques comme les machines à jeux (hors casinos)
Un encadrement strict et des sanctions dissuasives
Les étrangers déjà titulaires d’une licence pourront continuer leur activité jusqu’à la fin de leur autorisation. Mais toute infraction future pourrait entraîner une amende équivalente à plusieurs milliers d’euros, une peine de prison et la révocation du permis de travail. Les Tanzaniens qui faciliteraient un contournement de la loi s’exposeraient également à des poursuites.
Des réactions contrastées
Si une partie des commerçants locaux y voit une opportunité de renforcer leur présence sur le marché, la mesure inquiète certains partenaires régionaux. Au Kenya et en Ouganda, des voix s’élèvent déjà, estimant que cette décision fragilise la libre circulation des biens, des capitaux et des travailleurs au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est.
La Rédaction.

