L’Afrique du Sud hausse le ton face à la guerre à Gaza. Ronald Lamola, ministre sud-africain des Relations internationales, a exhorté, ce lundi 5 août 2025, la communauté internationale à se lever contre les « activités génocidaires » d’Israël et à reconnaître sans tarder l’État de Palestine. Une déclaration forte qui s’inscrit dans la continuité de l’action sud-africaine devant la Cour internationale de justice (CIJ) depuis décembre 2023.
Un appel pressant à la reconnaissance de la Palestine
« Nous appelons davantage de pays à reconnaître la Palestine », a déclaré Ronald Lamola lors d’un point presse à Pretoria. Selon lui, cet acte symbolique mettrait une pression décisive sur Israël pour instaurer un cessez-le-feu. Plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe — dont l’Espagne, le Mexique, la Colombie, le Chili, la Turquie et la Libye — ont déjà rejoint la procédure sud-africaine devant la CIJ. La France, le Royaume-Uni et le Canada envisagent quant à eux une reconnaissance officielle de l’État palestinien dès septembre.
L’Afrique du Sud, en première ligne sur la scène internationale, accuse Israël de violer la Convention de 1948 sur le génocide, en raison des conséquences humanitaires dramatiques de son offensive à Gaza.
Gaza : un bilan humain insoutenable
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, les combats n’ont cessé. Vingt-deux mois plus tard, le territoire palestinien est exsangue. Selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, plus de 60 000 Palestiniens auraient été tués, tandis que 2,4 millions de personnes seraient menacées de famine.
Pour Ronald Lamola, ce scénario tragique avait été anticipé : « Nous avions prévenu la CIJ. La famine, les déplacements forcés, l’effondrement total d’un peuple : ce sont les signes d’un nettoyage ethnique. »
Crise diplomatique avec les États-Unis
Sur le plan diplomatique, les tensions entre Pretoria et Washington atteignent un point critique. Ronald Lamola a reconnu que les relations avec les États-Unis « ont atteint un point bas », évoquant des ingérences américaines dans les affaires intérieures sud-africaines.
L’Afrique du Sud est en outre menacée de lourds tarifs douaniers de 30 % sur certaines de ses exportations à partir de ce vendredi, en raison de l’échec des négociations d’un nouvel accord commercial. Un coup dur pour Pretoria, déjà critiqué en interne pour sa gestion diplomatique.
Donald Trump et le G20 de Johannesburg
Interrogé sur la possible absence de Donald Trump au prochain sommet du G20 à Johannesburg, Lamola a répondu : « Il est le bienvenu. Mais c’est sa décision. » Ce sommet de novembre 2025, placé sous le thème « Solidarité, Égalité, Durabilité », devra selon lui refléter la nouvelle ère des relations internationales.
« Le temps du unilatéralisme est révolu. Nous devons agir ensemble, en tant que communauté mondiale, pour résoudre les défis communs comme les inégalités, le climat ou l’intelligence artificielle. »
En plaçant la Palestine au cœur de son action diplomatique, tout en dénonçant les rapports asymétriques avec les grandes puissances, l’Afrique du Sud redéfinit son rôle sur l’échiquier international. Son plaidoyer pourrait-il catalyser un basculement diplomatique mondial ? Une chose est sûre : Pretoria ne veut plus rester silencieuse.
La Rédaction

