L’ancien président américain Donald Trump a de nouveau ravivé une vieille théorie du complot, accusant sans fondement son prédécesseur Barack Obama et plusieurs anciens hauts responsables de “haute trahison”, sans jamais étayer ses propos.
Mardi, dans le Bureau ovale, aux côtés du président philippin Ferdinand Marcos Jr., Trump a multiplié les attaques verbales contre des figures-clés de l’administration Obama. Il a notamment cité Hillary Clinton, l’ancien directeur du FBI James Comey, l’ex-patron du renseignement John Brennan, les accusant de tentative de sabotage électoral. « Après ce qu’ils m’ont fait, que ce soit bien ou mal, il est temps de s’en prendre aux gens », a-t-il déclaré.
Une rhétorique déjà connue, mais toujours sans preuve
Cette sortie n’est pas nouvelle. Donald Trump, depuis son élection en 2016, n’a eu de cesse de dénoncer ce qu’il appelle le “Russia hoax”, une supposée cabale montée par ses adversaires pour entacher sa victoire. Mais jusqu’à ce jour, il n’a présenté aucun élément concret qui démontrerait une telle trahison de la part de Barack Obama ou de ses collaborateurs.
Un contexte politique lourd de conséquences
Les déclarations de Trump interviennent alors que des responsables de son administration tentent de minimiser les conclusions pourtant bien documentées sur l’ingérence russe lors de l’élection présidentielle de 2016. Un nouveau rapport, commandé par la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard, vise à relativiser l’implication de Moscou, en insistant sur le fait qu’aucun système électoral n’aurait été piraté pour modifier les votes.
Pourtant, cette approche contraste avec les précédentes conclusions établies par plusieurs organes indépendants, y compris le procureur spécial Robert Mueller et la commission sénatoriale du renseignement. Ce dernier rapport, finalisé en 2020 sous la direction du républicain Marco Rubio (désormais secrétaire d’État de Trump), avait confirmé une vaste opération de déstabilisation conduite par la Russie à travers des cyberattaques et des campagnes de désinformation.
Les démocrates dénoncent une réécriture de l’histoire
Le camp démocrate a réagi avec virulence, dénonçant un rapport « politiquement motivé » et « factuellement discutable ». Ils rappellent que l’administration Obama n’a jamais affirmé que la Russie avait manipulé les résultats du scrutin, mais qu’elle avait bien alerté sur les multiples stratégies d’influence mises en œuvre par le Kremlin, notamment via WikiLeaks et les réseaux sociaux.
Une stratégie électorale bien rodée
À quelques mois des élections, la stratégie de Donald Trump semble claire : réactiver les peurs, créer un récit victimaire, et délégitimer toute opposition. Accuser Obama, figure emblématique des démocrates, de “haute trahison” s’inscrit dans une rhétorique agressive destinée à galvaniser sa base électorale. Mais cette stratégie, si elle peut séduire certains électeurs, risque aussi d’alimenter encore davantage les tensions politiques aux États-Unis.
La Rédaction

