L’Union africaine mise sur un leadership présidentiel pour tenter d’éteindre les foyers d’instabilité qui embrasent le Sahel. Elle a nommé le chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye, comme envoyé spécial pour cette région stratégique.
Cette nomination marque une montée en puissance du rôle diplomatique du président burundais sur la scène continentale. À 57 ans, Évariste Ndayishimiye s’est imposé ces dernières années comme une figure de stabilité en Afrique de l’Est. Il est aujourd’hui président en exercice du COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe), vice-président en exercice de l’Union africaine, et prendra la présidence tournante de l’UA en février 2026.
Une région en quête d’équilibre
Le Sahel traverse une zone de turbulences prolongée. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger – suspendus des instances de l’UA pour prises de pouvoir anticonstitutionnelles – sont également les plus exposés à l’insécurité chronique et aux violences djihadistes. Cette instabilité a engendré une grave crise humanitaire, avec des millions de déplacés internes et des services publics fragilisés.
Dans ce contexte, la mission confiée à Ndayishimiye est de taille : renouer le dialogue, renforcer la cohésion régionale et jeter les bases d’une coopération durable. Il devra établir des ponts entre les gouvernements en place, la société civile, les autorités coutumières et les partenaires internationaux.
Un précédent togolais
L’Union africaine avait déjà innové en confiant au président togolais Faure Gnassingbé un rôle d’envoyé spécial pour la crise dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce recours à des chefs d’État en exercice comme médiateurs de haut niveau témoigne d’une volonté de donner plus de poids aux initiatives de paix pilotées par l’organisation continentale.
La désignation de Ndayishimiye s’inscrit donc dans une stratégie plus large de diplomatie africaine proactive, à un moment où le Sahel tente de redéfinir son avenir, entre sécurité, souveraineté et intégration régionale.
La Rédaction

