Face aux défis climatiques, à l’insécurité alimentaire et au chômage rural, la jeunesse africaine se révèle un moteur stratégique de la transformation agroalimentaire, affirme un rapport de la FAO.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient de publier un rapport majeur soulignant l’apport décisif des jeunes dans les systèmes agroalimentaires mondiaux. Selon ce document, les 1,3 milliard de jeunes âgés de 15 à 24 ans, dont près de 85 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, jouent déjà un rôle central dans la production, la transformation et la distribution alimentaire. L’Afrique subsaharienne se trouve au cœur de cet enjeu global.
Une jeunesse nombreuse mais freinée
Sur le continent africain, la population jeune continue de croître rapidement. Elle devrait augmenter de 65 % d’ici à 2050, selon la FAO. Or, cette jeunesse rurale est confrontée à des difficultés structurelles : chômage de masse, accès limité aux financements, manque de formation adaptée, rareté des terres agricoles, sans oublier l’impact direct du changement climatique sur les conditions de production.
La FAO souligne que 44 % des jeunes travailleurs dans le monde sont employés dans les systèmes agroalimentaires — une proportion qui grimpe à 82 % dans les zones en crise, notamment en Afrique de l’Ouest et dans la Corne de l’Afrique. Pourtant, la précarité alimentaire progresse dans ces populations : la faim, la malnutrition et l’exclusion sociale s’accentuent.
Une opportunité de 1 000 milliards de dollars
Le rapport estime que mieux intégrer les jeunes dans les chaînes agroalimentaires pourrait générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars de valeur économique supplémentaire au niveau mondial. Mais pour concrétiser ce potentiel, des réformes ciblées sont indispensables.
La FAO préconise trois axes d’action :
- Combler les lacunes en matière de données sur les jeunes dans l’agriculture pour des politiques mieux informées.
- Renforcer la participation des jeunes aux politiques agricoles, notamment à travers des mécanismes de représentation et de dialogue.
- Accroître les investissements ciblés en faveur de la formation, de l’accès au crédit, à la terre, aux technologies numériques et à des infrastructures rurales modernisées.
L’Afrique, laboratoire de la transformation agricole
Dans un contexte où l’agriculture demeure le pilier de nombreuses économies africaines, la mobilisation des jeunes est une condition indispensable pour bâtir des systèmes alimentaires plus inclusifs, durables et résilients. De l’agroécologie à l’agritech, les jeunes innovateurs africains sont de plus en plus présents dans les chaînes de valeur locales, malgré les freins institutionnels et financiers.
À condition d’être appuyés par des politiques volontaristes, les jeunes Africains peuvent devenir les architectes d’une nouvelle souveraineté alimentaire sur le continent.
La Rédaction

