À quelques jours de l’ouverture de la Conférence internationale sur le financement du développement, Amnesty International lance un appel ferme aux États du monde entier : sans action décisive, les Objectifs de développement durable (ODD) seront un échec, et avec eux les promesses fondamentales de justice, de paix et de prospérité pour tous.
Un avertissement sans détour
Dix ans après l’adoption des ODD par l’ONU, la situation est critique. Amnesty International prévient : plus de 80 % des objectifs sont hors d’atteinte. En cause, selon l’ONG, des années de sous-investissement, une réduction des aides publiques au développement, et un refus persistant de repenser les règles du financement mondial.
« Cette conférence doit faire face à la crise immédiate liée à la réduction de l’aide internationale, tout en engageant des réformes structurelles à long terme », martèle Riva Jalipa, conseillère d’Amnesty sur les liens entre fiscalité et droits humains.
Des demandes concrètes aux États
L’appel d’Amnesty est clair : il faut une réponse rapide, cohérente et ambitieuse. L’ONG avance plusieurs mesures urgentes :
• Annuler les coupes budgétaires dans l’aide internationale ;
• Soutenir la création de traités fiscaux justes au sein de l’ONU ;
• Alléger ou annuler la dette des pays en situation critique ;
• Abandonner les subventions aux énergies fossiles au profit des énergies propres ;
• Financer une transition énergétique équitable, pour tous.
Une question de droits humains
Pour Amnesty, l’échec des ODD n’est pas une simple question de chiffres ou de politique. C’est une violation directe des droits humains pour des milliards de personnes privées d’accès à la santé, à l’éducation, à un environnement sain ou à des conditions de vie dignes.
L’ONG rappelle que la lutte contre la pauvreté, les inégalités ou le dérèglement climatique n’est pas une option morale : c’est une obligation juridique et politique des États.
Une voix pour la justice réparatrice
En parallèle de son appel, Amnesty co-organisera une session virtuelle lors de la conférence, consacrée à la justice réparatrice dans le financement du développement. L’objectif : penser une économie globale qui répare les injustices historiques, et place les droits humains au centre des politiques économiques.
La Rédaction

