Le président gabonais Brice Oligui Nguema a annoncé, dimanche 22 juin 2025, la création imminente de sa propre formation politique. L’officialisation de ce nouveau parti interviendra le samedi 28 juin à Libreville, lors d’un grand rassemblement au Palais des sports, a-t-il déclaré dans une vidéo largement diffusée. Une étape majeure dans sa volonté d’ancrer durablement son autorité, deux mois après avoir été élu président en tant que candidat indépendant.
Un mouvement pour « canaliser les énergies nationales »
Sous un arbre, entouré d’un cercle restreint de partisans, le chef de l’État a justifié cette initiative par la nécessité de structurer l’élan populaire qui l’a porté au pouvoir. « Le suffrage universel que vous m’avez accordé exige désormais la mise en place d’un outil politique capable de rassembler toutes les énergies constructives de notre nation », a-t-il affirmé dans un discours solennel. Le nom de la nouvelle formation politique n’a pas encore été révélé.
Jusqu’ici indépendant, Brice Oligui Nguema s’apprête donc à institutionnaliser son pouvoir en créant un cadre partisan, quelques semaines seulement après avoir troqué son uniforme militaire pour le costume civil.
Des critiques immédiates de l’opposition
L’annonce n’a pas manqué de faire réagir l’opposition, notamment Jean-Rémy Yama, figure connue pour ses prises de position fermes. Selon lui, cette création est superflue dans un régime présidentiel où l’exécutif concentre déjà l’essentiel des leviers de commande. « Ce sera la création d’un PDG bis », estime-t-il, en référence au Parti démocratique gabonais, longtemps dominant et discrédité par les abus du régime Bongo. Il redoute une réplique des dérives du passé, malgré le changement de visage à la tête de l’État.
Un timing politique soigneusement choisi
Cette annonce intervient à un moment stratégique : cinq jours après que l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi limitant drastiquement le nombre de partis politiques dans le pays. Inspirée du dialogue national inclusif d’avril, cette réforme vise à réduire le paysage politique à trois ou quatre formations au maximum, contre 103 aujourd’hui.
Dans ce contexte, la création d’un parti présidentiel pourrait apparaître comme une anticipation tactique : se positionner comme la force centrale dans une arène politique bientôt rationalisée.
Vers une refondation contrôlée du champ politique ?
Avec cette initiative, Brice Oligui Nguema cherche manifestement à structurer son pouvoir autour d’un appareil fidèle, capable d’assurer sa stabilité politique dans la durée. Mais ce tournant interroge : est-ce une volonté sincère de rassembler ou une stratégie pour verrouiller le jeu démocratique à son avantage ?
La Rédaction

