L’Association sénégalaise des critiques d’art (ASCA) a rendu ce 31 mai 2025, un vibrant hommage à deux piliers de la scène artistique nationale : Iba Ndiaye Diadji et Alioune Badiane. À travers une cérémonie rythmée par les témoignages et les souvenirs, ces deux hommes ont été célébrés pour leur rôle essentiel dans la transmission des savoirs et la structuration du champ artistique au Sénégal.


Iba Ndiaye Diadji : l’héritage d’un penseur de l’art
Romancier, artiste et enseignant, Iba Ndiaye Diadji a marqué la culture sénégalaise par la richesse de son œuvre et la profondeur de sa pensée. Pour perpétuer son héritage intellectuel, l’ASCA a instauré un prix qui porte désormais son nom. Ce prix récompensera chaque année le meilleur critique de la Biennale de Dakar, consolidant ainsi le lien entre mémoire et création. Le choix de donner son nom à ce prix témoigne de la reconnaissance d’une œuvre engagée, à la croisée des disciplines, et d’un esprit visionnaire qui a su faire dialoguer l’art et la littérature. À travers ce geste, l’association entend inscrire le nom de Diadji dans la dynamique actuelle de l’excellence critique.


Alioune Badiane : une vie au service de la critique et de la formation
Artiste, formateur et penseur engagé, Alioune Badiane a été salué pour son apport fondamental à la critique d’art en Afrique. Cofondateur de la section sénégalaise de l’Association internationale des critiques d’art, il a marqué le développement des politiques culturelles nationales et enrichi le champ critique par de nombreuses publications de référence.Son parcours à l’École nationale des arts a été évoqué comme une période décisive pour la formation de générations entières d’artistes, de professeurs d’arts plastiques et d’acteurs culturels. Son influence s’étend également à l’organisation des premières éditions de la Biennale de Dakar, événement aujourd’hui incontournable dans l’agenda artistique international.


Un double hommage pour une mémoire vivante
Reine Bassène, présidente de l’ASCA, a souligné la portée symbolique de cet hommage qui vient saluer deux « monuments de la culture sénégalaise ». L’un par son travail de structuration et de transmission des savoirs, l’autre par son héritage littéraire et critique. Ce double hommage vise non seulement à honorer les parcours individuels, mais aussi à réaffirmer l’importance de la mémoire dans la consolidation du tissu artistique national.


À travers cette initiative, l’ASCA affirme sa volonté de faire vivre l’esprit de ces deux hommes dans les pratiques critiques contemporaines, en inspirant les nouvelles générations d’intellectuels, d’artistes et de penseurs. Plus qu’une commémoration, il s’agit d’un appel à prolonger leur œuvre dans le présent.
Richard Laté Lawson-Body

