Le Royaume-Uni a franchi un tournant diplomatique majeur en signant un accord de restitution des îles Chagos à Maurice. L’ONU salue une avancée historique, malgré les critiques liées à la mémoire des exilés.
Le gouvernement britannique a officialisé un accord qui entérine le transfert de souveraineté des îles Chagos à Maurice, mettant fin à un contentieux qui dure depuis plus d’un demi-siècle. L’annonce a été accueillie positivement par les Nations Unies. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, a qualifié cette décision de « pas important vers la résolution d’un différend de longue date », y voyant un succès diplomatique face à un lourd passif colonial.
Situé au cœur de l’océan Indien, l’archipel des Chagos – et en particulier l’île de Diego Garcia – joue un rôle clé dans la stratégie militaire occidentale. Cette île abrite une base américano-britannique cruciale pour les opérations militaires des États-Unis, de la guerre du Vietnam jusqu’aux campagnes contemporaines au Moyen-Orient.
Conformément à l’accord, Maurice recevra une compensation annuelle de 101 millions de livres sterling (environ 136 millions de dollars) pendant une durée initiale de 99 ans, en échange de la poursuite de l’exploitation de la base militaire. Ce compromis vise à concilier justice historique et impératifs géostratégiques.
Mais cette avancée diplomatique n’efface pas les blessures du passé. Entre 1965 et 1973, environ 2 000 habitants autochtones ont été expulsés de l’archipel pour permettre l’installation de la base de Diego Garcia. Beaucoup n’ont jamais pu revenir. Certains dénoncent aujourd’hui un accord conclu sans véritable consultation des exilés, qui réclament toujours le droit au retour.
La restitution des îles répond aux appels de l’ONU et de la Cour internationale de justice, qui ont jugé illégale la séparation de l’archipel de Maurice en 1965, peu avant l’indépendance de l’île.
Avec cette restitution partielle – sans démantèlement de la base – le Royaume-Uni tente de solder un lourd héritage colonial tout en conservant des intérêts stratégiques majeurs dans la région indo-pacifique.
La Rédaction

