Alors que la Libye reste fracturée par une instabilité chronique, le gouvernement d’unité nationale d’Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, semble vouloir jouer une carte diplomatique inattendue : celle du rapprochement avec l’administration Trump.
Selon le site Middle East Eye, des négociations secrètes seraient en cours entre des représentants libyens et américains pour débloquer 30 milliards de dollars d’avoirs gelés depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. En échange, Washington percevrait 10 milliards de dollars, qui seraient ensuite réinvestis dans des secteurs stratégiques en Libye, notamment les infrastructures et l’énergie. Cette option aurait été proposée par la partie libyenne elle-même, lors d’une visite d’une délégation américaine à Tripoli plus tôt cette année.
Ce projet intervient dans un contexte de forte tension. Tripoli a récemment été le théâtre de violents affrontements entre groupes armés rivaux, illustrant l’extrême fragilité du pays, toujours divisé entre deux gouvernements : celui de Dbeibah à l’ouest, et celui de Bachagha, soutenu par le maréchal Haftar, à l’est.
Ce potentiel accord financier pourrait ainsi servir de levier politique pour Dbeibah, en quête de légitimité et de moyens concrets pour stabiliser sa zone d’influence. Du côté de l’administration Trump, désormais revenue à la Maison Blanche, ce pacte offrirait une entrée stratégique dans un pays riche en pétrole, au cœur d’une région sous influence croissante de la Russie et de la Turquie.
Reste à savoir si ce « deal » sera perçu comme une manœuvre salutaire ou comme une compromission avec une puissance étrangère dans un pays encore hanté par les fantômes de l’ingérence internationale.
La Rédaction

