Une enquête de la BBC révèle l’horreur souterraine
Une enquête approfondie menée par la BBC vient de mettre en lumière un aspect particulièrement sombre de l’exploitation minière illégale en Afrique du Sud : des enfants y sont victimes d’abus sexuels systématiques. Ces révélations s’ajoutent au tableau déjà alarmant d’une industrie clandestine qui aurait coûté près de 3,2 milliards de dollars à l’économie sud-africaine l’année dernière.
Selon les témoignages recueillis par la journaliste Mayeni Jones, des adolescents âgés de 15 à 17 ans sont contraints de travailler dans des conditions extrêmes à plusieurs kilomètres sous terre, dans des mines d’or abandonnées par des multinationales. Au-delà de l’exploitation de leur force de travail, ces jeunes sont également victimes d’agressions sexuelles perpétrées par des mineurs adultes.
« Si ce gamin a désespérément besoin d’argent, il prendra le risque », confie Jonathan (nom d’emprunt), un ancien mineur illégal qui a accepté de témoigner malgré les dangers de représailles. Il décrit comment des équipes de mineurs offraient une « protection » aux enfants en échange de faveurs sexuelles ou utilisaient le viol comme punition lorsque les jeunes ne parvenaient pas à accomplir les tâches assignées.
Un trafic d’êtres humains organisé
L’enquête révèle également l’existence de réseaux criminels qui ciblent spécifiquement les enfants pour les faire travailler dans ces mines. Selon Makhotla Sefuli, chercheur spécialisé dans le secteur minier, nombre d’entre eux sont enlevés dans les pays voisins ou attirés par de fausses promesses d’emploi. « Leurs passeports sont confisqués lorsqu’ils arrivent en Afrique du Sud », explique-t-il.
Plus inquiétant encore, selon Gugu Xaba, PDG de Save the Children Afrique du Sud, certains enfants sont recrutés exclusivement pour servir d’esclaves sexuels. « Il y a un proxénète qui prend l’argent, ce qui signifie que chaque jour, cet enfant est utilisé comme travailleur du sexe », affirme-t-elle.
Une réponse insuffisante des autorités
Cette situation a été mise en lumière fin 2023 suite à un affrontement entre la police et des mineurs illégaux près de la ville de Stilfontein. Les autorités ont confirmé que parmi les personnes secourues, 31 étaient des enfants, tous de nationalité mozambicaine.
Malgré la gravité des faits, aucune poursuite judiciaire concernant les abus sexuels n’a été engagée à ce jour. Une source proche du dossier indique que de nombreux enfants refusent de témoigner, probablement par peur des représailles.
Avec environ 6 000 mines abandonnées à travers le pays, cette exploitation risque malheureusement de se poursuivre, laissant des milliers d’enfants en danger permanent.
Source : Enquête réalisée par Mayeni Jones pour BBC News Johannesburg, publiée le 9 mai 2025.
La Rédaction

