“Avec ou sans accord”, l’Iran continuera à enrichir de l’uranium. Ce message sans ambiguïté a été lancé dimanche par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, au moment même où des discussions discrètes se poursuivent avec Washington et les Européens, sous médiation omanaise.
Alors que les négociations sur le nucléaire iranien ont repris le 12 avril dans une relative discrétion, Abbas Araghchi souffle le chaud et le froid. D’un côté, il affirme qu’“un accord est à portée de main” ; de l’autre, il martèle que l’Iran ne renoncera jamais à son programme d’enrichissement. Une ligne rouge claire, malgré les soupçons persistants des puissances occidentales et d’Israël, seul État de la région supposé disposer de l’arme nucléaire.
Un dialogue stratégique, mais tendu
Les négociations en cours visent à ressusciter, sous une nouvelle forme, l’accord de 2015 abandonné en 2018 par Donald Trump. En échange d’un contrôle plus strict sur ses activités nucléaires, Téhéran espère obtenir une levée des sanctions économiques qui asphyxient son économie. Mais Washington exige en retour des garanties fermes sur l’impossibilité d’une militarisation du programme.
Sur son compte X, Abbas Araghchi a dénoncé la duplicité américaine, pointant une dissonance entre les discours publics et les discussions privées. Il a cependant réaffirmé l’engagement de son pays à poursuivre un “dialogue sérieux” avec l’ensemble des partenaires impliqués.
L’Europe, acteur affaibli mais toujours attendu
Téhéran appelle également les Européens à ne pas se marginaliser dans le processus. “Nous voulons que l’Europe joue son rôle”, a déclaré Araghchi, tout en regrettant que Bruxelles ait “minimisé sa position” dans les négociations. La menace de nouvelles sanctions européennes plane en effet sur l’Iran, en réponse à ses violations successives des engagements pris en 2015.
L’Iran, fidèle à sa rhétorique, continue de nier tout objectif militaire. Mais le refus catégorique de geler son programme d’enrichissement rend l’équation diplomatique plus incertaine que jamais.
La Rédaction

