Alors que les bombardements israéliens s’intensifient dans la bande de Gaza, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a reconnu, dans une déclaration publiée sur Telegram, la nécessité d’éviter une famine — non par humanisme, mais pour des « raisons pratiques et diplomatiques ». Cette sortie cynique intervient alors que l’armée israélienne élargit son opération terrestre et que la communauté internationale multiplie les appels à un cessez-le-feu.
« Chariots de Gédéon » : l’offensive s’étend
L’armée israélienne mène actuellement une opération terrestre nommée « Chariots de Gédéon » avec pour objectif déclaré la prise de contrôle de l’intégralité du territoire de Gaza. Selon le gouvernement israélien, cette action vise à « éliminer le Hamas » et à obtenir la libération des otages. Dans les faits, les bombardements incessants ont tué des centaines de civils en quelques jours et ont totalement détruit les infrastructures médicales du nord du territoire.
Un contrôle militaire total, une aide minimale
Nétanyahou a indiqué qu’Israël allait autoriser une « quantité de base de nourriture » à entrer à Gaza. Il précise que « nous ne devons pas laisser la population sombrer dans la famine », non par souci humanitaire, mais « parce que nos amis nous disent qu’ils ne pourront plus nous soutenir si des images de famine de masse sont diffusées ».
Autrement dit, le gouvernement israélien semble plus préoccupé par son image à l’international que par la survie de la population civile. Cette déclaration révèle une logique où l’aide humanitaire devient un instrument stratégique, destiné à préserver les alliances diplomatiques.
Une famine orchestrée ?
Depuis le 2 mars, l’aide humanitaire — comprenant eau, médicaments, essence et nourriture — est bloquée à l’entrée de Gaza. Plusieurs rapports des Nations unies, du Croissant-Rouge et d’ONG locales décrivent une situation au bord de la famine généralisée, avec des centaines de milliers de personnes privées d’accès aux produits de première nécessité.
Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est félicité dimanche de la reprise annoncée de l’aide humanitaire, tout en appelant à ce qu’elle soit « immédiate, massive et sans entrave ». Il a exigé qu’elle mette un terme à « une situation humanitaire catastrophique ».
Une guerre qui se poursuit malgré les condamnations
Sur le terrain, les victimes s’accumulent. En 48 heures, plus de 150 morts ont été recensés selon la défense civile palestinienne, dont une grande majorité de femmes et d’enfants. Tous les hôpitaux publics du nord de la bande de Gaza sont désormais hors service.
Malgré les alertes du Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU sur le risque de « nettoyage ethnique », Israël poursuit ses frappes et l’envoi de troupes. Pendant ce temps, à Doha, des négociations indirectes sont en cours sans condition préalable, selon le Hamas, mais sans avancée notable.
La déclaration de Nétanyahou, loin d’être une main tendue, illustre une stratégie de guerre assumée où la survie minimale de la population palestinienne est conditionnée à la préservation des alliances internationales. Le cynisme du pouvoir israélien atteint ici une rare intensité, réduisant l’humanitaire à un simple levier diplomatique.
La Rédaction

