La République démocratique du Congo (RDC) connaît un nouveau bouleversement dans la guerre qui l’oppose aux rebelles du M23. Le Front des patriotes pour la paix-Armée du peuple (FPP-AP), dirigé par le général autoproclamé Kasereka Kasiyano Kabido, a annoncé son ralliement à la coalition rebelle AFC-M23, qu’il combattait pourtant encore récemment aux côtés des Forces armées de la RDC (FARDC).
Un changement d’alliance aux conséquences lourdes
Le revirement du FPP-AP a été officialisé depuis Mbwavinywa, dans le territoire de Lubero, une zone contrôlée par le M23 en province du Nord-Kivu. Selon Kasiyano Kabido, ce ralliement est motivé par ce qu’il considère comme une “trahison caractérisée” du gouvernement de Kinshasa, qu’il accuse de négliger les milices d’autodéfense et de favoriser l’affairisme au sein des FARDC.
Mais du côté des autorités, cette décision est perçue comme une trahison pure et simple. “Celui qui est animé par l’esprit patriotique ne peut pas adhérer directement à l’ennemi commun que nous connaissons, le Rwanda et ses supplétifs du M23”, a déclaré Eric Mumbere Bwanapuwa, député de l’Union sacrée et soutien du gouvernement.
Une armée de plus en plus isolée
L’armée congolaise perd ainsi un allié précieux. Grâce à leur connaissance du terrain, les milices Wazalendo ont joué un rôle clé pour ralentir l’avancée du M23. Leur engagement était d’autant plus crucial que l’est du pays est un véritable labyrinthe de groupes armés, rendant la situation particulièrement volatile.
Selon Christophe Vogel, chercheur spécialiste des conflits en Afrique centrale, ce ralliement n’est pas un cas isolé : “On a connu des tensions internes entre certains groupes. Avant ce cas récent du FPP-AP, d’autres petites factions des Wazalendo ont également fait défection.”
Le FPP-AP, qui a étendu son influence jusqu’à la Tshopo via la région aurifère de Manguredjipa, était pourtant l’un des premiers groupes à s’engager contre le M23. Son basculement pourrait donc fragiliser encore davantage la position des FARDC, déjà sous pression face à l’avancée des rebelles.
Avec un front de plus en plus divisé, Kinshasa devra rapidement repenser sa stratégie pour éviter que d’autres factions ne suivent la même voie.
La Redaction

