Des milliers de Burkinabè ont manifesté ce 30 avril dans les rues de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Boromo, réaffirmant leur soutien au capitaine Ibrahim Traoré, quelques jours après l’annonce d’un complot présumé orchestré depuis la Côte d’Ivoire.
Au cœur de la capitale burkinabè, les rues se sont remplies de slogans vibrants et de posters géants à l’effigie du capitaine Ibrahim Traoré. Sous les banderoles « Soutien total au président Ibrahim Traoré » ou « Non aux manœuvres impérialistes », les manifestants ont scandé leur attachement à la junte au pouvoir. La manifestation a été orchestrée par la Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC), en présence de plusieurs ministres et députés, et a été relayée en direct sur la télévision nationale.
Ce déferlement de soutien intervient dans un climat tendu. Le 21 avril, les autorités burkinabè ont déclaré avoir déjoué un « grand complot en préparation » qui aurait été ourdi depuis la Côte d’Ivoire, accusée à demi-mot de servir de base arrière aux opposants au régime. Abidjan a catégoriquement nié toute implication.
Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré en septembre 2022, les accusations de déstabilisation se sont multipliées. Plusieurs dizaines d’officiers, y compris l’ancien chef d’état-major de la gendarmerie, ont été arrêtés pour des faits de complot présumé.
Le rejet frontal des puissances occidentales
Des manifestations similaires ont été enregistrées à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays, et à Boromo. Les mots d’ordre y étaient clairs : dénoncer « l’hypocrisie des anciennes puissances coloniales » et « la désinformation des médias occidentaux ». Les drapeaux du Burkina Faso, de la Russie et de l’Alliance des États du Sahel (AES) flottaient côte à côte, traduisant un positionnement géopolitique assumé.
« Nous devons plus que jamais rester debout parce que quand le peuple se met debout, les impérialistes tremblent », a lancé le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo devant la foule. Le ton est sans équivoque : le régime entend durcir sa rhétorique anti-occidentale.
La colère populaire a aussi visé les États-Unis. Des pancartes fustigeaient « l’ingérence américaine » après les déclarations du général Michael Langley, chef du commandement militaire américain pour l’Afrique, accusant le régime burkinabè d’utiliser les réserves d’or à des fins personnelles. Pour Adama Kima, l’un des organisateurs, ces propos « visaient à semer les germes de la révolte », mais les Burkinabè, selon lui, « ne sont pas dupes ».
Ghislain Somé, secrétaire général de la CNVAC, a conclu : « Nous sommes un bouclier. Le peuple est engagé derrière ses dirigeants. »
La Rédaction

