Face à l’escalade des violences et aux fractures internes, le gouvernement sud-soudanais tente de raviver la flamme d’un accord de paix menacé. Samedi 26 avril, Martin Elia Lomuro, ministre des Affaires du cabinet, a présenté un nouveau plan d’action destiné à accélérer la mise en œuvre de l’accord signé en 2018, pierre angulaire de la transition politique.
Le contexte reste explosif : le 26 mars dernier, le vice-président Riek Machar a été placé en résidence surveillée par le président Salva Kiir. L’accusation : avoir fomenté des attaques contre l’armée nationale dans la ville de Nasir, au nord-est du pays. Depuis, les combats se sont multipliés. L’armée affirme avoir repris Nasir des mains de la White Army, une milice nuer liée à Machar, mais les affrontements ont gagné les abords de la capitale, Juba, provoquant des déplacements massifs de civils.
Revenant sur ces événements, Martin Elia Lomuro a dénoncé un « massacre » de 400 soldats par la White Army, tout en insistant sur la nécessité de maintenir vivant l’accord de 2018. « L’absence d’une faction du SPLM-IO n’annule pas l’accord de paix », a-t-il déclaré, en référence aux divisions au sein du mouvement dirigé par Machar. Une réunion d’urgence sera convoquée pour reconnaître la faction légitime du SPLM-IO, a-t-il précisé.
Autre point clé : le financement des élections générales prévues en décembre 2026. Une perspective qui suscite scepticisme et lassitude dans la société civile. Edmund Yakani, directeur de l’organisation CEPO, salue l’initiative, mais souligne l’absence chronique de résultats : « Jusqu’à présent, ces promesses n’ont mené à rien. Nous espérons que cette fois-ci, ils passeront aux actes. »
Pour Yakani, cette nouvelle feuille de route pourrait surtout servir à couvrir les violations répétées de l’accord de paix. L’ONU, de son côté, a lancé un appel urgent à la cessation des combats dans le sud du pays, alors que la violence continue de s’étendre.
La Rédaction

