Des dizaines de migrants originaires du Niger, du Mali et du Burkina Faso ont été expulsés d’Algérie et abandonnés dans la zone désertique d’Assamaka, à la frontière nigérienne. La chaîne publique nigérienne Télé Sahel a recueilli les témoignages de victimes évoquant des traitements dégradants, des violences physiques, des agressions sexuelles et des disparitions inquiétantes.
« Quand tu es Nigérien, Burkinabè ou Malien, on te maltraite. Il n’y a pas de négociation », résume l’un des expulsés. D’autres affirment avoir été rasés de force, frappés, dépouillés de leurs biens, sans même pouvoir faire valoir leurs documents consulaires pour éviter l’expulsion.
Ces refoulements massifs surviennent dans un climat diplomatique de plus en plus hostile entre l’Algérie et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Après les accusations de Bamako contre Alger pour soutien présumé au terrorisme, et la destruction d’un drone malien par les forces algériennes, les relations se sont fortement détériorées : rappels d’ambassadeurs, suspension d’accréditations diplomatiques et tensions croissantes marquent désormais les échanges.
Dans cette escalade, les migrants deviennent des pions sacrifiés sur l’échiquier géopolitique. Télé Sahel alerte sur une crise humanitaire imminente : les expulsés sont laissés à eux-mêmes dans l’immensité désertique d’Assamaka, sans eau, sans abri, sans prise en charge ni coordination avec les autorités nigériennes.
Face à l’urgence, l’appel à la mobilisation internationale se fait pressant : il ne s’agit plus seulement de diplomatie, mais de vies humaines laissées à l’abandon.
La Rédaction

