À Yamoussoukro, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a récemment tenu son 18ᵉ bureau politique, prélude à une séquence électorale décisive. Mais l’absence remarquée de son président, Tidjane Thiam, a pesé sur les débats. « Le président Thiam ne pourra pas être parmi nous. Il me charge de vous présenter ses excuses les plus sincères », a déclaré Cowppli Bony, président honoraire du parti, en ouverture de séance. Retenu en Europe, l’ancien patron du Crédit Suisse n’a pas pu assister à cette réunion jugée cruciale.
Le rendez-vous a toutefois confirmé une date capitale : la convention élective du parti se tiendra le 16 avril. Deux figures s’y affronteront officiellement : Tidjane Thiam, qui entend incarner le renouveau, et Jean-Louis Billon, partisan d’un enracinement plus consensuel. Ce dernier, absent lui aussi du bureau politique, a tenu à clarifier sa posture : « Je ne suis pas l’ennemi de mon parti. Je ne suis l’adversaire de personne. Je suis le fils d’un parti que j’aime profondément. » Il appelle néanmoins à un congrès préalable et pleinement légitime, condition indispensable selon lui à une élection équitable.
Mais ce duel en préparation s’inscrit dans une zone grise : le 11 avril, soit cinq jours avant la convention, la justice ivoirienne doit se prononcer sur une requête visant à annuler l’élection de Tidjane Thiam à la présidence du PDCI-RDA. Une épée de Damoclès qui jette le doute sur la stabilité du processus. L’épisode révèle des lignes de fracture persistantes au sein du vieux parti, partagé entre nostalgie d’une époque révolue et quête d’un nouveau souffle.
Au-delà des ambitions personnelles, c’est l’orientation même du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny qui est en jeu. Le PDCI, longtemps pilier du paysage politique ivoirien, est à la croisée des chemins. Et le choix du 16 avril ne sera pas seulement celui d’un candidat, mais d’une vision.
La Rédaction

