Huit mois de gel diplomatique, une crise d’une intensité inédite, et une relation bilatérale réduite au strict minimum. Dimanche 6 avril, à Alger, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a tenté d’inverser la tendance en annonçant “une nouvelle phase” dans les relations entre la France et l’Algérie. Une déclaration qui intervient après un long entretien avec le président Abdelmadjid Tebboune, marqué, selon ses mots, par “la volonté partagée de lever le rideau” et de “reconstruire un partenariat d’égal à égal, serein et apaisé”.
Cette visite intervient moins d’une semaine après un échange téléphonique entre les deux chefs d’État, qui a marqué la reprise officielle du dialogue. Pour Barrot, il s’agit d’un retour à la normale : “La France souhaite tourner la page des tensions actuelles dans un souci d’efficacité et de résultats”, a-t-il affirmé, promettant la relance de “l’ensemble des mécanismes de coopération”.
La dernière crise avait éclaté à l’été 2024, après le soutien explicite d’Emmanuel Macron à un plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, un sujet hautement sensible pour Alger qui soutient, depuis des décennies, les indépendantistes du Front Polisario. L’Algérie avait alors rappelé son ambassadeur à Paris, gelant presque tous les canaux de communication.
Lors de sa visite, Jean-Noël Barrot a aussi rencontré son homologue algérien Ahmed Attaf pour une réunion qualifiée de “très utile”. Objectif : relancer la dynamique de coopération esquissée lors de la visite d’Emmanuel Macron à Alger en août 2022.
Reste à savoir si les gestes symboliques suffiront à ranimer une relation structurellement fragile, constamment tiraillée entre histoire, intérêts stratégiques et divergences diplomatiques profondes.
La Rédaction

