Dans un virage stratégique marquant sa politique commerciale internationale, Donald Trump vient d’annoncer un arsenal de nouvelles taxes douanières qu’il qualifie de « déclaration d’indépendance économique ». Si cette offensive frappe de plein fouet la majorité des partenaires commerciaux américains, quatre régimes autoritaires bénéficient d’une exemption surprenante : la Russie, Cuba, la Corée du Nord et la Biélorussie. Ces pays, déjà sous le coup de sanctions économiques sévères, échappent ainsi à ce nouveau tour de vis commercial.
Des États déjà sous l’étau des sanctions existantes
Cette exemption s’explique principalement par le fait que ces quatre régimes subissent déjà un isolement économique considérable. La Russie, depuis son invasion de l’Ukraine, fait face à un régime de sanctions internationales parmi les plus stricts jamais imposés à une grande puissance. Toute pression supplémentaire aurait un impact marginal sur une économie qui s’est progressivement réorientée vers d’autres partenaires.
La situation est similaire pour la Biélorussie, dont l’économie, fortement dépendante de Moscou, peine à se relever des sanctions imposées suite aux élections contestées de 2020 et à son soutien à l’offensive russe en Ukraine.
Cuba demeure sous l’emprise d’un embargo américain vieux de plus de 60 ans. Après une brève période d’assouplissement sous l’administration Obama, les restrictions ont été drastiquement renforcées pendant le premier mandat de Trump, étranglant davantage l’économie cubaine déjà fragilisée.
Quant à la Corée du Nord, son isolement économique est presque total depuis les années 1950, situation aggravée par les sanctions liées à son programme nucléaire et aux violations systématiques des droits humains.
Une stratégie qui cible les alliés et concurrents économiques
Le contraste est saisissant : pendant que ces régimes autoritaires sont épargnés, Trump concentre sa puissance de frappe sur les partenaires économiques traditionnels des États-Unis. La Chine se voit imposer des hausses tarifaires pouvant atteindre 34% sur certains produits, tandis que l’Union européenne, le Japon et plusieurs économies émergentes subissent également des augmentations significatives.
Cette approche sélective révèle une vision transactionnelle des relations internationales où les considérations économiques l’emportent souvent sur les questions de valeurs démocratiques. Elle souligne également une volonté d’affirmer l’hégémonie américaine dans le commerce mondial, quitte à bouleverser les alliances traditionnelles.
En définitive, cette nouvelle politique commerciale ne se contente pas de cibler des économies spécifiques – elle remet fondamentalement en question l’architecture du commerce international établie depuis des décennies, avec des États-Unis déterminés à redéfinir unilatéralement les règles du jeu économique mondial.
La Rédaction

