La tuberculose demeure un enjeu de santé publique au Togo, mais les efforts conjugués des autorités sanitaires et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) portent leurs fruits. Grâce à des stratégies ciblées et des outils de diagnostic performants, le pays améliore progressivement la prise en charge de cette maladie infectieuse.
Un diagnostic plus rapide pour un traitement efficace
L’un des progrès majeurs réside dans l’extension des tests moléculaires GeneXpert, recommandés par l’OMS comme méthode de référence pour détecter la tuberculose. Alors que le Togo ne comptait que 15 machines en 2020, leur déploiement sur 52 sites en 2024 a considérablement réduit les délais de diagnostic.
« Aujourd’hui, un patient peut obtenir ses résultats en 24 heures, contre 72 heures auparavant. Cette rapidité est essentielle pour débuter rapidement le traitement et limiter la transmission », explique le Professeur Abdou Gafarou Gbadamassi, coordonnateur du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT).
Stratégies communautaires et approche FAST
Pour intensifier le dépistage, le Togo a adopté la stratégie FAST (Find cases Actively, Separate safely, and Treat effectively), déployée dans plusieurs districts de Lomé. Cette initiative a permis d’identifier plus de 3 000 cas entre 2022 et 2024, contre environ 2 300 en 2020.
En parallèle, les autorités sanitaires misent sur l’implication des communautés. « Les familles jouent un rôle clé dans l’observance du traitement. Lorsqu’elles sont sensibilisées, elles deviennent des alliées indispensables », souligne Yorouma Djobo, infirmière au Centre hospitalier préfectoral d’Agou.
L’OMS, un partenaire clé
L’OMS soutient le Togo à travers des formations pour les professionnels de santé, un appui technique et financier, ainsi que la promotion d’initiatives régionales comme l’approche BBNT (Bénin, Burkina Faso, Niger, Togo), qui favorise l’échange de bonnes pratiques.
« Notre objectif est que chaque personne à risque ait accès à un diagnostic précoce et à un traitement efficace », affirme la Dre Laconi Kaaga, responsable du programme tuberculose à l’OMS-Togo.
Un message d’espoir
Des témoignages comme celui de Yao, un agriculteur d’Agou guéri après six mois de traitement, illustrent l’importance d’une prise en charge rapide et d’un accompagnement familial. « Sans le soutien de ma famille, je n’y serais pas arrivé. Aujourd’hui, j’encourage tous ceux qui présentent des symptômes à consulter sans tarder », confie-t-il.
Avec une incidence de 30 cas pour 100 000 habitants en 2023, selon le rapport OMS 2024, le Togo poursuit ses efforts pour éliminer la tuberculose en s’appuyant sur des méthodes innovantes et des partenariats solides.
La Rédaction

