L’offensive jihadiste au Mali ne faiblit pas et prend une ampleur inquiétante, touchant des zones jusque-là préservées du terrorisme. L’attaque meurtrière du 21 mars 2025 contre un poste des Eaux et Forêts à Diangounté Camara, dans la région de Kayes, en est la dernière illustration. Deux agents ont été tués et des infrastructures détruites, avant que les assaillants ne prennent la fuite vers la frontière mauritanienne. L’attentat a rapidement été revendiqué par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
Si les violences jihadistes étaient autrefois concentrées dans le nord et le centre du pays, elles gagnent désormais du terrain vers le sud-ouest. La région de Kayes, longtemps épargnée, devient un nouvel objectif stratégique pour les groupes terroristes, notamment la Katiba Macina dirigée par Amadou Kouffa. Ce mouvement cherche à étendre son emprise en contrôlant les axes secondaires et en infiltrant les zones rurales, où la présence de l’État est limitée. Cette expansion répond à une logique bien définie : établir une base dans l’ouest du Mali, facilitant les mouvements vers le Sénégal et la Mauritanie tout en assurant une continuité avec les bastions jihadistes du centre du pays.
L’enlèvement et la mort présumée du Khalife général de la Tidjaniya, Thierno Amadou Hady Tall, en décembre 2024, ont marqué un tournant dans cette progression. Attaqué près de Nioro du Sahel, son convoi a été pris pour cible, et quelques jours plus tard, Amadou Kouffa annonçait sa disparition. Ce drame a suscité une vive émotion, révélant la volonté des jihadistes de frapper des figures religieuses influentes pour asseoir leur domination.
Cette avancée des groupes armés repose sur une stratégie bien rodée : implantation discrète, diffusion d’idéologies extrémistes et intimidation des populations locales. Dès 2023, des signaux avant-coureurs étaient visibles dans la région de Kayes, à travers des prêches radicaux, des menaces contre des élus et la mise en place de structures alternatives de gouvernance islamique. Face à cette menace grandissante, les autorités maliennes peinent à contenir la poussée jihadiste, tandis que la population voit d’un œil inquiet cette insécurité gagner du terrain. Le retrait des forces internationales et les tensions politiques internes compliquent encore davantage la riposte.
L’expansion terroriste au Mali ne se limite plus à ses foyers historiques du nord et du centre. Elle s’étend désormais vers le sud-ouest, mettant en péril de nouvelles zones et fragilisant un peu plus la stabilité du pays.
La Rédaction

