Le Pérou fait face à une montée alarmante de la violence. Après l’assassinat du chanteur de cumbia Paul Flores, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence dans la capitale et mobilisé l’armée pour tenter de rétablir l’ordre.
Un climat d’insécurité croissant
Depuis plusieurs mois, la criminalité explose à Lima et dans d’autres régions du Pérou. Meurtres, extorsions et attaques en public se multiplient. Rien qu’entre le 1ᵉʳ janvier et le 16 mars, la police a recensé 459 homicides et plus de 1 900 cas d’extorsion pour le seul mois de janvier. Face à cette vague de violence, la présidente Dina Boluarte a pris une décision radicale : déclarer l’état d’urgence pour 30 jours dans la capitale et suspendre certains droits, notamment la liberté de réunion et de circulation. L’armée viendra en renfort de la police, et les forces de l’ordre pourront arrêter des individus sans mandat.
L’assassinat de Paul Flores, un déclencheur
Si l’insécurité était déjà un sujet brûlant, l’exécution brutale de Paul Flores, chanteur du groupe de cumbia Armonía 10, a mis le feu aux poudres. L’artiste de 39 ans a été abattu dimanche alors qu’il voyageait en bus avec son groupe après un concert à Lima. Ce meurtre, qui a choqué le pays, a ravivé la colère de la population, exaspérée par l’inaction des autorités.
Ce drame n’est pas un cas isolé. Samedi, une explosion dans un restaurant de Lima a fait au moins 11 blessés, illustrant la spirale de violence qui gangrène la capitale.
Une crise politique en parallèle
La pression monte aussi sur le gouvernement. Des députés de l’opposition demandent une motion de censure contre le ministre de l’Intérieur, Juan José Santiváñez, l’accusant de ne pas avoir de stratégie claire pour juguler l’insécurité. Ce vote sera examiné dans les prochains jours au Parlement.
Ce n’est pas la première fois que Dina Boluarte tente d’enrayer la violence par des mesures d’urgence. Entre septembre et décembre, un premier état d’urgence avait déjà été décrété, sans résultats probants. Reste à voir si cette nouvelle intervention de l’armée permettra de restaurer l’ordre ou si elle ne fera qu’exacerber les tensions.
La Rédaction

