La région éthiopienne du Tigré replonge dans l’incertitude. Le gouvernement intérimaire a appelé le pouvoir fédéral à l’aide après que des dissidents du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) ont pris le contrôle de deux villes stratégiques, ravivant la crainte d’une reprise des hostilités.
Deux villes sous contrôle rebelle
Mardi, la faction dissidente du TPLF s’est emparée d’Adigrat, deuxième ville du Tigré, en installant un nouvel administrateur. Mercredi soir, c’est Adi-Gudem, proche de Mekele, la capitale régionale, qui est tombée sous son contrôle. Des affrontements ont eu lieu, faisant plusieurs blessés, notamment lors d’une tentative de reprise d’un bâtiment gouvernemental.
Une paix fragile menacée
Le TPLF, qui a combattu les forces fédérales pendant deux ans avant de signer l’accord de Pretoria en novembre 2022, est aujourd’hui fracturé. Son chef, Debretsion Gebremichael, a évincé en octobre l’actuel président du gouvernement intérimaire, Getachew Reda, ainsi que plusieurs de ses alliés. En représailles, Reda a suspendu quatre commandants militaires proches de son rival.
Cette scission interne fait craindre une nouvelle crise. “La région pourrait être au bord d’une explosion”, alerte un communiqué du Bureau des affaires de communication du Tigré.
Un appel à la vigilance internationale
Reda qualifie ces événements de “tentative de coup d’État” et exhorte la communauté internationale, garante de l’accord de Pretoria, à surveiller de près l’évolution de la situation. “L’effritement de l’accord de paix aurait des conséquences profondes”, a-t-il averti.
De son côté, Amanuel Assefa, vice-président du TPLF, assure que ces tensions relèvent de “l’application de la loi” et ne remettent pas en cause l’accord de Pretoria. Pourtant, sur le terrain, la stabilité du Tigré semble plus fragile que jamais.
La Rédaction

