L’Union européenne ne compte pas rester les bras croisés face aux nouvelles taxes imposées par Washington sur l’acier et l’aluminium. En réponse aux droits de douane de 25 % décidés par le président Donald Trump, Bruxelles dégaine une série de contre-mesures visant des produits emblématiques des États-Unis.
Une escalade commerciale entre Bruxelles et Washington
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a pas perdu de temps pour relancer l’offensive sur le commerce international. Après avoir déjà imposé des taxes sur l’acier et l’aluminium lors de son premier mandat, le président américain a cette fois-ci durci le ton, décrétant une taxation « sans exception et sans exemption ». L’objectif affiché : protéger l’industrie sidérurgique américaine, en proie à une concurrence féroce, notamment venue d’Asie.
Cette décision a immédiatement fait réagir la Commission européenne. Ursula von der Leyen, sa présidente, a exprimé son « profond regret » face à cette politique jugée hostile aux échanges transatlantiques. Elle rappelle que « les droits de douane sont des taxes. Elles sont mauvaises pour les affaires et encore pires pour les consommateurs ».
Des contre-mesures européennes en deux temps
L’Union européenne ne compte pas laisser passer cette attaque commerciale sans réagir. Dès le 1er avril, Bruxelles activera des taxes de rééquilibrage déjà mises en place en 2018 et 2020, ciblant un large éventail de produits américains. Bourbon, motos, bateaux… plusieurs secteurs symboliques seront touchés.
Mais la riposte ne s’arrêtera pas là. La Commission européenne a également lancé, le 12 mars, une procédure visant à imposer de nouvelles contre-mesures proportionnées aux sanctions américaines. Une phase de consultation de deux semaines est en cours afin de cibler les produits les plus pertinents et minimiser l’impact sur les consommateurs européens. Ces mesures additionnelles devraient entrer en vigueur à la mi-avril.
Un bras de fer économique aux lourdes conséquences
Derrière cette guerre des taxes, c’est l’ensemble des relations commerciales transatlantiques qui se retrouve sous tension. L’Union européenne estime que les mesures américaines affecteront près de 28 milliards de dollars de marchandises, et entend appliquer des sanctions d’un montant équivalent.
Les effets risquent de se faire sentir des deux côtés de l’Atlantique. Hausse des prix, pertes d’emplois, perturbations dans plusieurs secteurs… Ce conflit commercial pourrait bien raviver des tensions économiques au moment où l’Europe et les États-Unis cherchent à se stabiliser après plusieurs années de turbulences.
Si le bras de fer entre Bruxelles et Washington continue de s’intensifier, il pourrait fragiliser davantage un commerce mondial déjà marqué par des politiques protectionnistes. Reste à voir si des négociations pourront désamorcer cette escalade avant qu’elle ne prenne une ampleur incontrôlable.
La Rédaction

