Les tensions s’intensifient dangereusement entre les communautés Dassenech d’Éthiopie et Turkana du Kenya après une série d’attaques sanglantes dans la région frontalière, menaçant la stabilité de cette zone déjà fragile.
Un cycle de violences qui s’aggrave
En représailles au massacre de 20 pêcheurs kenyans, des miliciens lourdement armés ont mené une offensive meurtrière sur le district éthiopien de Dassenech, faisant au moins 13 morts et plusieurs blessés. Cette escalade alarmante s’inscrit dans un contexte de tensions historiques entre ces communautés pastorales.
L’élément déclencheur : l’assassinat de pêcheurs kenyans
D’après plusieurs témoins, cette attaque serait une riposte directe à l’exécution d’au moins 20 pêcheurs kenyans, abattus samedi soir par des miliciens éthiopiens présumés dans la zone frontalière de Todonyang, sur les rives du lac Turkana, dans le nord-ouest du Kenya.
Dans un communiqué officiel publié lundi, Tadele Hatte, administrateur en chef du district de Dassenech, a confirmé que « des miliciens lourdement armés venus de Todonyang ont attaqué notre district, causant la mort de 13 personnes et blessant trois autres civils ».
Une crise humanitaire en développement
Le responsable local a dénoncé avec vigueur une série d’incursions perpétrées ces derniers jours par un « groupe organisé de milices Turkana » ayant franchi illégalement la frontière éthiopienne. Ces violences dévastatrices ont non seulement fait des victimes, mais également provoqué le déplacement forcé de milliers de civils terrorisés.
Les assaillants n’ont pas limité leurs actions aux attaques armées : ils ont également saisi six embarcations de pêche, plus de 120 filets professionnels et pillé systématiquement les liquidités et biens appartenant aux commerçants locaux, aggravant la précarité économique de la région.
Un conflit enraciné dans la compétition pour des ressources limitées
Si la communauté Dassenech d’Éthiopie entretient traditionnellement des relations socio-économiques avec la société Turkana du Kenya, des affrontements récurrents opposent ces groupes depuis des décennies. La compétition féroce pour l’accès aux ressources halieutiques du lac Turkana et le contrôle des activités économiques transfrontalières cristallise les tensions.
Cette nouvelle flambée de violence soulève des inquiétudes sur la capacité des autorités régionales à maintenir la paix dans cette zone reculée où les frontières poreuses facilitent la circulation d’armes et de groupes armés non contrôlés.
La Rédaction

