Alors que le système éducatif togolais poursuit sa transformation sous l’impulsion des réformes curriculaires, le ministère de l’Éducation innove en instaurant un examen blanc national obligatoire pour tous les candidats au Bac II. Programmé du 24 au 27 mars 2025, soit trois mois avant l’examen officiel (17-21 juin), ce test grandeur nature a pour objectif d’évaluer l’efficacité des nouveaux programmes scolaires tout en préparant élèves et enseignants à un Bac en pleine mutation.
Une répétition stratégique pour les élèves et les enseignants
Présentée par le ministre Komla Dodzi Kokoroko comme une « étape clé de l’agenda éducatif », cette initiative vise deux enjeux majeurs :
1. Identifier et surmonter les difficultés des redoublants, souvent moins familiers avec les méthodes actives promues par les réformes.
2. Former les enseignants à l’évaluation des compétences transversales (analyse, esprit critique) désormais au cœur du programme.
Les épreuves de français et d’histoire-géographie ouvriront le bal, suivies d’une correction immédiate afin de permettre un retour d’expérience rapide. « L’objectif n’est pas de noter, mais de réajuster nos pratiques pédagogiques collectives », précise le ministre.
Calendrier scolaire 2025 : stabilité générale, innovation ciblée
Si les dates du Bac II et des autres examens (Bac I, BEPC, CEPD) restent inchangées, l’introduction de cet examen blanc national marque une rupture significative. Preuve que Lomé mise sur l’expérimentation pour réduire le taux d’échec au Bac (23,5 % en 2023) et aligner l’école togolaise sur les standards régionaux.
Un enjeu sous-jacent
Ce dispositif pourrait annoncer la généralisation des évaluations intermédiaires standardisées, une tendance de plus en plus présente en Afrique de l’Ouest pour renforcer la résilience des systèmes éducatifs.
Pourquoi c’est pertinent :
• Aligner le Togo avec les recommandations de la CONFEMEN (Conférence des ministres de l’Éducation de la Francophonie) concernant l’évaluation formative.
• Répondre aux critiques récurrentes sur la préparation insuffisante des enseignants aux réformes.
• Intervenir alors que la Banque mondiale prévoit de débloquer 50 millions de dollars pour l’éducation togolaise en 2025.
À suivre : Les syndicats enseignants, qui réclamaient davantage de formation, accueilleront-ils favorablement ce « Bac blanc », devenu un outil de professionnalisation ?
La Rédaction

