Pretoria, Afrique du Sud – Plusieurs dizaines de Sud-Africains blancs, principalement des membres de la communauté afrikaner, se sont rassemblés devant l’ambassade des États-Unis à Pretoria pour afficher leur soutien à Donald Trump et dénoncer la politique foncière de leur gouvernement. Ils affirment être victimes de discrimination en raison de la loi sur l’expropriation des terres, récemment mise en place par les autorités sud-africaines.
Cette manifestation fait suite à la décision de Trump d’émettre un décret suspendant une partie de l’aide américaine à l’Afrique du Sud. L’ancien président américain accuse la réforme foncière de cibler injustement les propriétaires blancs et a même proposé d’accorder aux Afrikaners un statut de réfugié aux États-Unis.
Un rassemblement sous tension
Devant l’ambassade américaine, les manifestants brandissaient des drapeaux sud-africains et américains, ainsi que des pancartes aux slogans évocateurs : « Stop au vol des terres », « Trump nous protège » ou encore « L’Afrique du Sud tue ses fermiers ». Certains ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « persécution » orchestrée par le gouvernement.
« Nous sommes ici pour remercier Donald Trump d’avoir reconnu notre souffrance », a déclaré Johan van der Merwe, un agriculteur du Free State. « Notre gouvernement veut nous priver de nos terres sous prétexte de justice historique, mais c’est une forme de racisme déguisé. »
D’autres manifestants voient en Trump un défenseur des Blancs sud-africains. « Il est le seul dirigeant au monde qui se soucie de nous », affirme Mariska Botha, une militante afrikaner présente sur place.
La question foncière est un sujet hautement sensible en Afrique du Sud. Malgré la fin de l’apartheid en 1994, une grande partie des terres agricoles reste entre les mains de propriétaires blancs. La réforme du gouvernement vise à redistribuer ces terres aux populations historiquement désavantagées, mais les Afrikaners redoutent une expropriation arbitraire et une détérioration des conditions agricoles.
Le gouvernement sud-africain rejette les accusations de racisme
Face aux critiques, le gouvernement sud-africain assure que la réforme foncière n’est pas motivée par des considérations raciales. Il affirme que l’objectif est de corriger les inégalités historiques et de permettre un accès plus équitable à la terre.
Le ministre de l’Agriculture et de la Réforme agraire, Thoko Didiza, a rappelé que la loi ne prévoit pas de confiscations abusives : « Il ne s’agit pas de cibler un groupe particulier, mais de garantir que tous les Sud-Africains puissent bénéficier d’un accès équitable à la terre. »
Les autorités sud-africaines rejettent également l’ingérence de Trump dans cette affaire. Le président sud-africain a qualifié ses déclarations d’« inacceptables et mal informées », accusant l’ancien président américain de vouloir exacerber les tensions raciales pour des raisons politiques.
Un soutien américain controversé
Si la décision de Trump a été saluée par les manifestants, elle a aussi provoqué des réactions contrastées aux États-Unis. Certains analystes estiment que l’ancien président instrumentalise la question foncière sud-africaine pour séduire une partie de son électorat conservateur.
« Trump utilise cette question pour renforcer son image de défenseur des ‘oubliés’ », analyse David Goldberg, expert en relations internationales. « Mais son intervention risque d’alimenter les tensions en Afrique du Sud plutôt que de les apaiser. »
Alors que le débat sur la réforme foncière continue de diviser la société sud-africaine, le soutien affiché par Trump aux Afrikaners marque une nouvelle étape dans l’implication des États-Unis dans ce dossier explosif.
La Rédaction

