Les chiffres les plus récents de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF) et de la Direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) révèlent une dynamique inattendue dans les échanges commerciaux du Gabon au quatrième trimestre 2024. Avec une progression globale de 11,7 % des importations en provenance de ses dix principaux partenaires, le pays enregistre une diversification croissante de ses sources d’approvisionnement.
Un classement mondial dominé par la Belgique, le Brésil et la Chine
Parmi les dix premiers fournisseurs du Gabon, on retrouve dans l’ordre : la Belgique, le Brésil, la Chine, les Émirats arabes unis, les États-Unis, la France, Hong Kong (qui remplace les Pays-Bas), l’Inde, le Togo et la Turquie. La Belgique caracole en tête, portée par un impressionnant bond de 67,2 % de ses exportations vers le Gabon. Elle est suivie du Brésil (+33,4 %), des États-Unis (+36,8 %) et de la Chine (+2,5 %).
Cette évolution illustre une intensification des échanges avec les puissances économiques non africaines. L’Europe, bien qu’en hausse plus modérée (+10,3 %), reste le premier fournisseur continental avec 43,1 % des parts, grâce notamment à la Belgique, à la Turquie et aux Pays-Bas.
Le Togo s’impose en tête des fournisseurs africains du Gabon
Fait marquant : le Togo se positionne comme le premier fournisseur africain du Gabon, bien qu’il ne figure qu’à la neuvième place du classement mondial. Ce statut repose essentiellement sur les exportations de produits pétroliers transformés, malgré le démenti de la Société gabonaise de raffinage (Sogara) sur l’origine des approvisionnements.
Cette percée togolaise est révélatrice d’un paradoxe : alors que le Gabon dispose de ressources pétrolières importantes, ses importations de carburants raffinés augmentent, contournant les circuits nationaux de production. Une situation qui soulève des interrogations sur la gestion de la filière locale.
Une hausse généralisée sur tous les continents
Les importations gabonaises ont progressé sur tous les continents : +29 % depuis l’Amérique, +23,5 % depuis l’Asie, +10,3 % depuis l’Europe et +34 % depuis l’Océanie. Ce mouvement traduit à la fois une dépendance accrue aux marchés internationaux et une adaptation aux besoins de consommation interne, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’alimentation et de la construction.
L’ascension du Togo dans le commerce gabonais marque un tournant dans les relations Sud-Sud en Afrique, mais elle met aussi en lumière les limites structurelles de l’économie gabonaise, en particulier dans la transformation locale de ses ressources. Un signal clair pour les décideurs économiques qui devront, à terme, repenser les circuits de production et d’importation.
La Rédaction

