À l’aube des élections générales de 2027, un événement politique surprenant fait trembler les fondations de la scène politique nigériane. Nasir El-Rufai, ancien gouverneur de l’État de Kaduna, semble avoir adopté une posture politique qu’on ne lui connaissait pas. Un homme autrefois farouchement loyal à Bola Tinubu et à l’All Progressives Congress (APC) se retrouve aujourd’hui à défier l’appareil politique du pouvoir en place. Ce retournement, aussi rapide que spectaculaire, bouscule toutes les attentes et met en lumière l’instabilité des alliances politiques en Afrique.
El-Rufai, reconnu pour son franc-parler et son rôle majeur dans la consolidation de l’APC, a récemment pris la parole lors d’un forum public à Abuja. Ce qui aurait pu être un simple échange d’idées est devenu un moment clé d’un recalibrage politique. L’ancien gouverneur a non seulement critiqué la gestion du pays par l’APC, mais a aussi tendu la main à l’opposition, y compris à Atiku Abubakar, leader du People Democratic Party (PDP). Ce rapprochement, à première vue incongru, soulève bien des interrogations.
Le fait qu’un homme politique d’une telle envergure passe ainsi d’un soutien indéfectible à Tinubu à une critique acerbe du système en place est un retournement qu’on n’avait pas anticipé. El-Rufai, un homme de principes mais aussi de stratégies politiques, n’hésite pas à briser les conventions. Sa volonté de déstabiliser l’APC, en dénonçant notamment des manœuvres internes pour museler la démocratie, prouve que sa loyauté n’a jamais été une simple question de fidélité aveugle. Selon lui, pour que le pays échappe à un régime autoritaire, l’opposition doit se rassembler. Mais ses propos ne sont pas seulement idéologiques : ils traduisent aussi un calcul politique mûrement réfléchi.
Ce revirement n’est pas sans conséquences pour ses relations au sein de son propre camp. Alors que certains membres de l’APC, comme le gouverneur de Kaduna, Uba Sani, se précipitent pour désavouer El-Rufai, d’autres semblent plus en retrait, attendant de voir jusqu’où ira ce mouvement. L’ancien gouverneur, tout en refusant de jouer le rôle d’un simple spectateur, semble être prêt à se positionner comme un acteur central dans le jeu politique à venir.
Derrière ses critiques et ses rapprochements avec l’opposition, El-Rufai envoie un message fort. À ses yeux, le Nigeria a besoin d’une véritable révision de son système de gouvernance. Un système qu’il qualifie de “sclérosé” et qu’il souhaite réformer, quoiqu’il en coûte. C’est d’ailleurs ce besoin de transformation qui l’a poussé à se distancer de figures comme Nuhu Ribadu, l’actuel conseiller à la sécurité nationale, avec qui il a partagé une relation tumultueuse dans le passé.
Cette volte-face, aussi imprévisible qu’audacieuse, place El-Rufai au centre de la scène politique nigériane, mais aussi sous les projecteurs internationaux. La question de son impact dans les élections de 2027 semble plus que jamais ouverte. Son influence, doublée de son désir de redéfinir les lignes de front politique, pourrait bien être l’élément décisif dans la bataille électorale à venir. Mais en attendant, il est évident que l’homme a su se retourner plus vite que son ombre, et que ses mouvements risquent de marquer un tournant dans la politique nigériane.
La Rédaction

